Quand arrêter de réfléchir pour passer à l’action ?

Cet article participe au festival « à la croisée des blogs » organisé ce mois-ci par Mathieu du blog « penser-et-agir » Le thème du mois est « Quand doit-on arrêter de penser pour passer à l’action » ? C’est intéressant comme problématique pour éviter de tomber dans l’un des deux extrêmes, avoir pleins d’idées en ne concrétisant rien ou bien en se lançant dans de nouveaux engagements sans en mesurer les implications.

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Que ce soit la méditation, changer son alimentation, faire un peu de sport, etc. Il convient de s’interroger sur ces véritables motivations ? Pourquoi démarrer cette nouvelle activité pour être sûr que cela est une véritable aspiration et non pas un coup de tête passager.

Ensuite comme toute nouvelle activité, cela va demander un certain temps, de l’énergie, de l’engagement afin de pouvoir avancer donc il convient de s’interroger si cela est possible dans notre situation actuelle. Si ce n’est pas le cas, comment « faire de la place » pour cette nouvelle activité en se détournant d’autres engagements moins importants.

Je dirais que la phase de réflexions s’arrête là.

Une fois que cela est mis en place, il est important de rapidement passer à l’action et petit à petit faire les ajustements qui seront nécessaire. C’est important de ne pas s’attarder sur la phase de réflexion une fois que le plus important a été vu. Notre mental aime bien une belle histoire en arrivant à notre objectif de façon quasi parfaite mais la réalité est très complexe et il y a aura des jours où les choses se passeront mieux que prévu et d’autres où ce sera tout l’inverse. C’est donc important de vite passer à l’action et de faire les ajustements nécessaires en fonction des feedback apporté par la réalité.

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Par exemple, je peux avoir planifié déjà dans ma tête pleins de séance de méditation chaque matin mais en faisant, un jour je ne serais pas en grande forme en étant un peu malade, un autre j’aurais mal aux genoux. Ce n’était pas prévu, c’est un ajustement à prendre en compte en fonction de la réalité soit en changeant de posture, en méditant sur une chaise, etc…. Il n’y a qu’en passant à l’action que l’on peut alors se rendre compte de cela et développer son habileté par rapport aux différents obstacles qui peuvent se présenter. Peut-être que pour certains, vous aurez déjà pensé à cet obstacle en réfléchissant mais je suis prêt à parier que vous aurez d’autres barrières sur votre route que vous n’aviez pas prévu.

La différence sur le long-terme se fera dans la régularité de la pratique et pas dans un exploit quelconque comme faire une journée d’une heure et demie de méditation puis ensuite plus rien. Sur le long-terme, cela qui fera 10 minutes par jours, chaque jour sera bien plus avancé que celui qui fait 1h30 de pratique sous le coup d’une émotion de temps à autres.

C’est très facile de se perdre dans ses pensées et d’avoir construit tout un cheminement bien loin de la réalité. Concrètement pour illustrer cela, je me souviens il y a quelques années après la lecture d’un magazine de course à pied m’être mis dans la tête de faire un marathon. C’était assez stupide par rapport à mon niveau de course à pied proche de zéro à ce moment là. Cela ne veut pas dire que c’est impossible mais pour que cela soit possible il va falloir tout d’abord passer par de nombreuses étapes, de nombreux entrainements et avancer au fur et à mesure au rythme que mon corps le permet. En voulant aller trop vite, ca sera la blessure donc cela demande un certains temps. En ce sens, il me semble primordial de rester en prise avec la réalité le plus possible sans trop réfléchir, juste la dose nécessaire face à un problème directe mais pas pour spéculer. A quoi cela sert-il en dehors du moment de planifier l’entrainement en fonction des dernières évolutions ?

Tout peut arriver donc autant être à l’aise avec ça. En ayant déjà fait le film dans sa tête si les choses ne se déroulent pas comme prévu, cela va amener de la frustration voir même l’abandon. C’est ce qui arrive quand on met la barre bien trop haute par rapport à son niveau de départ.

Avant d’arriver à quoi que soit, il faut un certain temps pour réunir tous ingrédients nécessaires à son actualisation dans la réalité. Cela peut aller vite mais pas forcément. Je note chaque jour ce qui a été fait, les difficultés, les points forts pour pouvoir comparer mon évolution sur le long-terme. C’est assez dangereux de comparer avec d’autres qui ont des points de départs, des habiletés différentes. En le faisant avec soi-même, cela est bien plus concret.

Faire chaque jour un petit pas :

La trace d'un rêve n'est pas moins réelle que celle d'un pas. [Georges Duby]

Plutôt que de rêver à un exploit quelconque, je fais chaque jour un nouveau pas, même petit. A nouveau en étant ancré dans ce qui se passe, cela permet de renforcer l’habitude et de développer son habileté. Cela n’a pas besoin d’être forcément toujours parfait. Il peut même y avoir des oublies surtout au début quand l’habitude n’est pas bien ancrée. Ce n’est pas bien grave. Au lieu de faire tout un film dans sa tête, agir en faisant concrètement un pas nouveau, même tout petit sera bien plus approprié que de ne rien faire.

Pour me simplifier la tâche, je me suis crée une routine non pas dans le sens de la contrainte mais dans le sens de me faciliter les choses. Au lieu de tergiverser et de penser sur le fait de faire ou non maintenant une activité, je la fait simplement en suivant ma routine. Je suis ensuite plus en paix sans avoir dans ma tête la petite voie « il faut que je le fasse maintenant » ou la culpabilité du « j’aurais du le faire avant ». Une fois que c’est fait, on a avancé et on en parle plus. J’essaye de faire le plus tôt dans la journée ce qui a le plus d’importance puis ensuite ce qui en a un peu moins et ainsi de suite. Ce n’est pas toujours parfait, loin de là mais la routine s’ancre peu à peu et se renforce avec le temps.

Ma routine à titre d’exemple :

– Réveil

– Petit-déjeuner

– Méditation

-Course à pied

– Écriture de 500 mots pour le blog et un futur ebook.

– Exercices de Japonais

– etc selon les priorités du moment.

Cela correspond à ma situation, à chacun de trouver ce qui lui convient en fonction de ses engagements et contraintes personnelles. Ce n’est pas tous les jours parfait, il arrive qu’il y ait des imprévus. Disons que si c’est dans 90% des cas ainsi, c’est déjà exceptionnel par rapport à aucune routine.

Pour conclure, je dirais que c’est très important de rester en prise avec la réalité, et d’éviter les « délires » de notre mental qui va construire de nombreux scénarios dont bien peu, voir aucun ne correspondront à la réalité. On peut penser en long, en large en travers à une activité, la seule vérité sera le moment où on la fera vraiment. Sans cela, ce n’est rien d’autre que du « brouhaha » inutile dans notre tête. En se trompant, ce n’est pas grave, la réalité aura apporté son feedback et permettra de faire mieux la fois suivante, d’améliorer son habileté en ayant intégré cela et ainsi de suite, encore, encore et encore jusqu’à y arriver.

A vous de jouer et attention au mental en ne l’utilisant que pour ce qui est nécessaire, ni plus ni moins. Cela en soi consiste déjà en un sacré défi personnel !

creativecommonsbigCrédit photos dans l’ordre d’apparition: piyushthacker – equinoxefr

Apprenez à rester heureux quoi qu’il arrive !