Changer de regard pour changer de monde.

Cet article participe au festival « à la croisée des blogs » organisé ce mois-ci par Philippe du blog « apprendre sur soi et avancer » Le thème du mois est « Question de point de vue : changer de regard pour avancer »? Ce thème est une très bonne idée car dans notre monde très relatif, tout est une question de point de vue. Il n’y a pas deux personnes qui auront exactement la même réaction, la même opinion sur un même sujet ou une même circonstance.

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Notre réflexe est souvent de vouloir transformer le monde extérieur pour qu’il soit différent de ce qu’il est et corresponde à nos souhaits. On va dépenser beaucoup d’efforts pour obtenir cela. L’approche de cet article est d’aller dans l’autre sens. C’est à dire en transformant notre regard, en percevant les choses sous un autre angle. A ce moment-là, notre monde extérieur sera perçu différemment. C’est à dire à tel qu’il est, pas comme on le voudrait.

La différence est assez subtile. Le monde comme on le voudrait est plein de limites. Certaines choses sont possibles, d’autres au contraire sont catégoriquement impossibles. Nous voilà enfermés dans des limites qui par ironie du sort ne sont créées que par nous-mêmes.

C’est à ce moment-là qu’on va énumérer toute une liste des choses que l’on n’a pas, les raisons pour lesquelles on ne peut pas faire ceci, on ne peut pas avoir cela, ce sont les fameux « oui mais….. ».

Pourtant si d’autres personnes y sont arrivées dans ce même monde, alors comment ces personnes ont-elles fait ? Comment perçoivent-t-elles les choses, sous quel angle de vue ? En faisant ces recherches, on transforme peu à peu son regard sur une situation, sur une circonstance particulière. On peut même aller bien plus loin que cela en créant de nouvelle façon de faire par rapport à nos propres ressources, à nos propres expériences.

les hauts et les bas @Nick Sherman

Assez vite à ce moment-là, on oscille entre ce qu’on a découvert et nos doutes qui veulent nous ramener en arrière. On trouve beaucoup de raison de ne pas y croire, on voit à nouveau les mêmes limites ou de nouvelles autres limites. Cela est bien normal, c’est assez difficile d’avancer de façon rectiligne, on fait donc de nombreux petits pas en avant, des retours en arrière, puis d’autres petits pas en avant, etc.

Avec le temps, j’essaie de percevoir la réalité le plus possible comme un immense champ de possibilités. Qu’est ce que cela veut dire ? Beaucoup de choses sont possibles en se focalisant sur ses ressources, en étant persuadé que cela est possible. Notre mental va alors se focaliser sur les solutions. Si on ne voit que des limites, le mental se focalise sur celles-ci et on n’avance pas.

Sans cette nouvelle vision, je n’aurais jamais écrit ce blog et encore moins persévéré à le tenir à jour et à le développer. Je précise bien que ce n’est pas un changement du tout noir vers du tout blanc. Cela oscille entre les deux selon les circonstances comme pour tout le monde. C’est un processus de transformation au quotidien, chaque obstacle me permet d’apprendre et d’en sortir renforcer jusqu’à l’obstacle suivant. C’est sans doute sans fin mais en avançant, on fait des progrès.

Comment tendre vers ce nouveau regard ?

Ce qui est en nous, ce que nous sommes remonte à la surface par le biais de nos émotions, de nos ressenties. C’est à ce moment-là que la méditation m’a été très utile en étant un outil essentiel pour me libérer peu à peu (c’est loin d’être fini !) de ses contenus. En méditant, on ne fait qu’observer ce qu’on ressent sans bouger. Il ne s’agit pas de faire le vide et d’éviter tout ressenti mais bien au contraire de laisser les émotions remonter à la surface pour les observer. On les ressent toujours mais ce qui change, c’est qu’elles ne bloquent plus ou bien moins longtemps pour les plus tenaces d’entre elles. Elles ne paralysent plus totalement comme c’était le cas auparavant.

Je vous laisse imaginer les immenses possibilités qui s’offrent à vous sans limites émotionnelles. Il en est alors fini du monde des limites, de la division entre ce qui est possible et ce qui n’est pas possible de faire. C’est à vous de créer ce que bon vous semble.

Bien sûr et j’insiste volontairement, cela ne se fera pas du jour au lendemain. Cependant chaque petit pas, chaque nouvelle découverte contribue à avancer. Même les échecs, les erreurs sont utiles car c’est seulement à partir de là qu’on peut examiner ce qui n’allait pas pour rectifier le tir et avancer de façon différente. Elles sont mêmes bénéfiques pour nous faire grandir et renforcer notre conviction. Sans ces difficultés, on reste avec des schémas latents en nous dont on ignore l’existence. La difficulté est l’opportunité pour s’en libérer donc remercions ces obstacles !

J’espère que cet article vous aura été utile. N’hésitez pas à le partager ou à ajouter un commentaire si vous le souhaitez.

creativecommonsbigCrédit photos dans l’ordre d’apparition: Nick Sherman

20 thoughts on “Changer de regard pour changer de monde.

  1. Bonjour Jonathan

    Ces quelques mots sont une ressource pour progresser sur le chemin de la sérénité

     » Même les échecs, les erreurs sont utiles car c’est seulement à partir de là qu’on peut examiner ce qui n’allait pas pour rectifier le tir et avancer de façon différente  »

    Voici trois autres pensées peuvent accompagner une méditation :

    « Au lieu de percevoir l’absence de succès comme un échec, considérons qu’il s’agit d’un signal qui indique une nouvelle direction à suivre ».

    « une erreur est un événement dont vous n’avez pas encore tiré le plein bénéfice »

    « un échec n’est que la solution à un problème autre que celui sur lequel je suis en train de travailler ».

    Belle année à tous.

    Merci Jonathan de participer à notre actualisation !!!

    Jean Claude Constant

  2. Bonjour,
    Tout est diversité, rien n’est identique. Chaque chose physique ou mentale est une construction, un assemblage d’éléments. En fonction de l’origine de chaque élément la composant, chaque chose aura donc une histoire différente des autres choses et donc aussi, un avenir différent.
    Par habitude et éducation, notre société nous fournit des images toutes faites, des « prêt-à-penser » prédigérés formant un tronc commun d’idées sociales qu’il est bon de suivre. Des raccourcis.
    Nous avons donc le réflexe de suivre ces images et de les répliquer à travers notre comportement, notre exemple, et l’éducation que l’on retransmet à nos enfants.
    Pourtant, nous avons vu que rien n’est identique. Les choses sont ce qu’elles sont et non des « images ». Si nous vivons uniquement par confrontation d’images, nous passons à côté de la vie réelle puisque nous ne la voyons plus, obnubilés que nous sommes par nos vrais faux problèmes de surface, nos images toutes faites.

    Apprendre à regarder l’essence des images, sans saisir ou dénommer, en se dés-identifiant de ces images-illusions (celles que l’on se fait de soi y compris), c’est une méditation quotidienne ardue mais, avec le temps, les bénéfices sont énormes.

    Bonne journée

  3. Bonjour Jonathan,

    Comme un voile se déchire peu à peu, je ressens ce que tu dis « j’essaie de percevoir la réalité le plus possible comme un immense champ de possibilités. Beaucoup de choses sont possibles en se focalisant sur ses ressources, en étant persuadé que cela est possible. Notre mental va alors se focaliser sur les solutions. Si on ne voit que des limites, le mental se focalisent sur celles-ci et on n’avance pas. »
    J’ai apprécié particulièrement cet article, il correspond à ma recherche.
    Merci pour cette lumière posée, sur mes pensées.

    A bientôt

    Charlotte

  4. « Laisse toi transformer par toi-même … ton intuition »
    Voici ce que me dit mon cœur en lisant ce joli conte que je voudrais partager avec vous !!!

    Je débute la méditaion aujourd’hui même et en attends beaucoup même si je sais que cela prendra du temps !!!

    LA VOIX DES SABLES

    « Il était une fois un vieux fleuve perdu dans les sables du désert. Il était descendu d’une haute montagne qui se confondait maintenant avec le bleu du ciel. Il se souvenait avoir traversé des forêts, des plaines, des villes, vivace, bondissant, puis large, fier et noble.

    Quel mauvais sort l’avait conduit à s’enliser parmi ces dunes basses où n’était plus aucun chemin ? Où aller désormais, et comment franchir ces espaces brûlés qui semblaient infinis ?

    Il l’ignorait et se désespérait.

    Or, comme il perdait courage à s’efforcer en vain, lui vint des sables une voix qui lui dit :

    —Le vent traverse le désert. Le fleuve peut en faire autant. Il répondit qu’il ne savait voler, comme faisait le vent.

    —Fait donc confiance aux brises, aux grands souffles qui vont, dit encore la voix. Laisse-toi absorber et emporter au loin.

    Faire confiance à l’air hasardeux, impalpable ? Il ne pouvait accepter cela. Il répondit qu’il était un terrien, qu’il avait toujours poussé ses cascades, ses vagues, ses courants dans le monde solide, que c’était là sa vie, et qu’il lui était inconcevable de ne plus suivre sa route vers des horizons sans cesse renouvelés. Alors la voix lui dit (ce n’était qu’un murmure) :

    —La vie est faite de métamorphoses. Le vent t‘emportera au-delà du désert, il te laissera retomber en pluie, et tu redeviendras rivière.

    Il eut peur tout à coup. Il cria :

    —Mais moi je veux rester le fleuve que je suis !

    —Tu ne peux, dit la voix des sables. Et si tu parles ainsi, c’est que tu ignores ta véritable nature. Le fleuve que tu es n’est qu’un corps passager. Sache que ton être impérissable fut déjà maintes fois emporté par le vent, vécut dans les nuages et retrouvera la Terre pour à nouveau courir, ruisseler, gambader.

    Le fleuve resta silencieux. Et comme il se taisait un souvenir lui vint, semblable à un parfum à peine perceptible. « Ce n’est peut-être rien qu’un rêve », pensa-t-il. Son cœur lui dit : « Et si ce rêve était ton seul chemin de vie, désormais ? »

    Le fleuve se fit brume à la tombée du jour. Craintif, il accueillit le vent, qui l’emporta. Et soudain familier du ciel où planaient des oiseaux il se laissa mener jusqu’au sommet d’un mont. Loin au-dessous de lui les sables murmuraient :

    —Il va pleuvoir là-bas où pousse l’herbe tendre. Un nouveau ruisseau va naître. Nous savons cela. Nous savons tout des mille visages de la vie, nous qui sommes partout semblables.

    La voix sans cesse parle. Comme la mémoire du monde, le conte des sables est infini.  »

    Bien à vous
    Yasmine

  5. Bonjour Jonathan, bonjour à tous

    Oui, pour changer de regard pour changer le monde,
    il faut commencer par soi-méme !
    « Mais le monde, comme on le voudrait est plein de limites.
    C’est un processus de transformation au quotidien, chaque
    obstacle nous permet d’aprendre et d’en sortir renforcés
    jusqu’à l’obstacle suivant.
    C’est sans doute sans fin mais en avançant on fait des progrès. »
    J’en suis convaincue en voyant mon propre progrès…
    Néanmoins , je ne peux pas m’empécher de poser des questions…..
    Je croyais que l’Inde un des pays spirituellement le plus développé.
    Depuis le viol atroce d’une femme , l’indifférences
    des spectateurs j’ai vu un film documentaire sur la
    vie actuelle en Inde , les privilèges des riches et la
    pauvreté du peuple , ne change pas depuis des siècles.
    Je pose les questions , jusqu’à quand on peut tolérer les injustices,
    Je sais , le monde avance pas à pas , mais hélas je ne
    peux pas me taire sur certaine chose car je me sens
    un peu conformiste et impuissante à la fois.
    Merci Jonathan , pour tes articles qui nous font réfléchir.

    1. Salut Gabriella,

      Même spirituellement « avancé », il reste toujours des personnes qui veulent s’approprier autrui par la force. Au Japon, la plupart des gens sont très respectueux, très gentils même s’il reste toujours des exceptions.
      Essayons de voir les deux sur le même plan, les choses ont bien évolués même si chacun est loin d’être en paix, c’est ainsi au jour d’aujourd’hui. A+

    2. Bonjour Gabriella

      Je réagis à ton commentaire car je pense totalement comme toi cependant la première fois que je suis allée en Inde sitôt arrivée à Bombay je voulais prendre l’avion de retour tant j’étais désespérée par ce que je voyais.

      Ma fille me poussant un peu je suis néanmoins restée 15 jours détestant les premiers 12 jours et après ce que j »appelle « un choc spirituel venu brutalement » je me suis mise à adorer – c’est vrai – le pays et j’y retourne dès que je le peux.
      En Inde comme partout il y a le meilleur et le pire et je sens que le viol de cette jeune fille va réveiller le peuple indien puisque manifs et protestations se succèdent en Inde

      Je crois comme toi que le plus difficile est précisément d’admettre toutes ces injustices de ce monde mais comme m’a dit un jour quelqu’un « tu ne veux pas te prendre pour le Christ non et prendre toutes les misères du monde sur le dos ? »
      en réalité finalement peut-être que oui car l’injustice et les abus me rendent malade

      Jonathan merci pour tes articles toujours si profonds

      1. Bonjour Syilviane,
        merci pour tes réflexions,effectivement
        l’injustice et les abus me rendent malade aussi.

        Heureusement la méditation m’aide à relaitviser
        et à observer tout ce qui passe , sans que je le
        ressens dans mes trippes .

        Enfin , j’ai lu tes articles sur l’intuition et après
        mes expériences , je n’ai plus envie de développer
        mes intuitions.
        Rien n’a pu m’empécher à suivre mon chemin
        sinueux …et mes intuitions ,mes pressentiments
        ne pouvaient pas m’aider à éviter les « drames ».

        Depuis la Méthode de Bruno Lallement je vis plus
        tranquillement , quelque soit l’événement qui m’arrive,
        j’accueille plus sereinement , tout en restant vigilante et
        attentive , je ne pense pas trop à l’avenir mais plutot à
        vivre le moment présent.
        Bien amicalement…

        1. Bonjour Sylviane,
          ce matin en relisant mon commentaire
          j’ai découvert mes fautes d’orthographe encore…
          « sans que je le ressente dans mes tripes  »
          par exemple….
          En tout cas je trouve très intéressents tes impressions
          sur l’Inde et ce n’est pas la première fois j’entends
          les mémes réflexions de ce pays .
          Belle journée

  6. Bonjour Jonathan et tout d’abord bonne année à toi et à toutes celles et tous ceux qui te lisent
    (je devrais plutôt dire, BELLE CONTINUATION… )

    Changer de regard pour changer le monde, ‘est une belle médiation que tu nous offres et qui complète admirablement bien le « Soyons le changement que nous voulons pour le monde » du Mahatma Gandhi.
    je sentais cette citation d’abord comme une action (juste) du corps , consommer autrement, éthique, bio, équitable par exemple
    je l’entrevois maintenant comme une action (juste) de la pensée:

    se concentrer sur les possibles et non sur les limites

    moi qui jusqu’à maintenant me désolais de toutes les limites à toutes nos actions, qui étaient mises en place par « le système qui ne veut pas se transformer, par peur et par avidité comme par exemple, le jugement contre Kokopelli… il me faut à présent apprendre à les dépasser ces limites.
    kokopelli ne peut plus vendre ses graines? qu’il les donne contre des dons…
    voila le genre de pensée qui m’estvenu et que je vais transmettre à mes compagnons de combat…
    merci à toi Jonathan…

    1. Bonjour Michel,

      Merci pour ton commentaire qui amène à la réflexion. Je suis actuellement à Bangkok et donc confronté à la pauvreté « matériel » d’une bonne partie de la population.
      Tout ça est un regard d’occidental qui arrive avec sa vision des choses et qui la transpose dans un autre contexte. Les choses sont comme elles sont. D’autant que je les gens sont plus accueillants, plus souriant. Le fait de ne pas avoir grand chose à ceci de positif qu’on perd la notion de la peur de perdre, du « mien », du « c’est à moi ».
      Maintenant tout est affaire d’équilibre, je ne dis pas de devenir pauvre matériellement mais quel intérêt d’accumuler si cela ne nous rends pas service.
      Il y a beaucoup de choses absurdes dans notre monde, je crois que c’est sans fin de vouloir le transformer. Et cela implique que notre vision serait meilleure que ce qui est, que nous serions plus intelligents que les autres, ce qui est un peu dangereux si on se perds. La frontière entre vouloir rendre service et ne plus rendre service peut vite être franchi.
      Au final il nous reste ce que nous sommes, notre monde quotidien fait de ce qu’on va y mettre. C’est déjà beaucoup.

      Merci Michel pour ton commentaire qui m’a permis de creuser les choses. Au plaisir.

      1. quel intérêt d’accumuler si cela ne nous rends pas service….

        et surtout quel intérêt d’accumuler en faisant souffrir une multitude d’êtres, ainsi que notre planète Terre, qui est notre mère à nous toutes et tous…

        et quand je dis faire souffrir, ce n’est pas que dukka , au sens du Bouddha (insatisfaction, mal être) c’est empêcher plus d’un milliard d’êtres de vivre dignement dans la satisfaction de ces besoins de base ( manger à sa faim, avoir un toit…)

        Peut il y avoir un monde harmonieux dans la Paix et dans la sérénité, s’il n’y a pas avant tout cette JUSTICE?

        Que chacun vive simplement pour que tous puissent simplement vivre (Gandhi)

        Le dire haut et fort cela fait partie « des possibles » et dire haut et fort que tout Bouddhiste devrait avoir cette « parole juste » fait aussi partie 55POUR MOI° des possibles..

        après je sais qu’il me faut désormais lâcher prise, avec le fait que cette parole ne sois pas entendue …

        1. Je partage ton commentaire Michel, beaucoup de monde n’a pas conscience des conséquences de ses actes.
          Je crois que ta parole est entendu par certains, c’est déjà ça bien qu’à juste titre tu souhaiterais un plus grand impact. Tôt où tard, la loi du karma aura ses effets. Il faut parfois aller très loin dans le processus de destruction pour se rendre compte qu’on fait fausse route…. C’est l’histoire de l’humanité qui se répète.

    1. Oui c’est quasiment toujours le cas. On va mettre inconsciemment des étiquettes sur les gens puis en apprenant à les connaitre, cela évolue. C’est dommage quand l’étiquette de départ qu’on donne à l’autre empêche l’échange.

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