Chronique du livre « Méditer au quotidien »

Par Vénérable Hénépola Gunaratana, 1995, 261 pages.

Chronique et résumé du livre :

Tout d’abord, il faut bien comprendre que la méditation n’est pas un sujet purement scolaire, mais que le cœur vivant du processus doit venir de l’expérience personnelle de celui qui le vit. Ce Livre est un manuel destinant à orienter dans la pratique, pas un livre philosophique. Pour commencer:

pourquoi devriez-vous méditer ?

Cela demande de la détermination et de la discipline tout en prenant du temps et de l’énergie, il est d’ailleurs bien plus facile de se laisser aller pour regarder la télévision ou autre plutôt que de méditer alors pourquoi tous ces efforts ?

Tout simplement parce que nous sommes humains et que nous sommes héritiers d’une insatisfaction inhérente qui ne part jamais. Vous pouvez par exemple avoir un bon travail, tomber amoureux, vous vous sentez alors très heureux à ce moment-là puis le temps passe et tout s’évanouit. Et c’est alors qu’on se dit que tout irait mieux si j’avais plus d’argent, si j’avais 10 kg de moins… La vie ressemble alors à une lutte perpétuelle avec un infime taux de réussite.

Tout cela vient en faite des conditions de notre propre esprit, d’un ensemble d’habitudes mentales profondes, subtiles et envahissantes que nous avons construit petit à petit et que nous pouvons dénouer de la même façon petit à petit.

L’essence de notre expérience est le changement, la vie s’écoule d’instant en instant, une pensée apparaît dans notre esprit, et une demi-seconde plus tard elle est partie.

-Si notre perception a été étiquetée « bonne », nous essayons de figer le temps à cet instant afin de l’empêcher de s’échapper en allant même jusqu’à mettre des efforts pour répéter cette expérience, c’est habitude mentale est « l’attachement ».

-Si notre perception a été étiquetée « mal », nous essayons de la repousser, de la nier, de nous en débarrasser de toutes les manières possibles. Cette habitude mentale est le « rejet ».

-Entre les deux se trouvent les perceptions étiquetées « neutres », nous rangeons ces expériences dans la catégorie ni « bien » ni « mal ». Nous les rangeons à cet endroit pour pouvoir les ignorer et reporter notre attention là où se trouve l’ »action » c’est-à-dire l’incessant manège de désirs et d’aversions. Cette catégorie est dépouillée de sa juste part d’attention. Cette habitude mentale est « ignorée ».

Le résultat de cela est une perpétuelle course pour le plaisir, une fuite sans fin devant la douleur et l’ignorance perpétuelle de 90% de notre expérience. Voilà pourquoi la vie est si fade, car bien que l’effort dans la poursuite du plaisir et du succès soit grand, il arrive d’échouer. Aussi vite que vous fuyez pour échapper à la souffrance, elle vous rattrape parfois. Et entre ces 2 moments, la vie est ennuyeuse. C’est nous qui avons construit des murs autour de nous et qui sommes pris au piège dans la prison de nos propres mensonges et aversions et alors nous souffrons. Ici le mot souffrance signifie le profond, subtil sens d’insatisfaction qui fait partie de chaque moment mental et qui résulte directement de la routine du fonctionnement mental.

Cela peut sembler triste, mais ça ne l’est pas du tout. Cela l’est uniquement lorsque l’on voit les choses depuis le niveau ordinaire de la perception mentale. En dessous se trouve une toute autre perspective, une manière complètement différente de regarder l’univers. C’est un niveau ou le mental n’essaye pas de fixer le temps, où nous ne nous attachons pas à notre expérience à mesure qu’elle se déroule, ou nous n’essayons pas de repousser les choses en les ignorant. Il s’agit d’un niveau au-delà du bon et du mauvais, au-delà du plaisir et de la peine. C’est une manière merveilleuse de percevoir le monde, et c’est un talent qui peut s’apprendre. Ce n’est pas facile, mais cela s’apprend.

Nous recherchons tous le bonheur et la paix, ce sont les 2 espoirs majeurs de l’existence humaine. C’est parfois difficile de le percevoir, car nous recouvrons ces objectifs essentiels par des objectifs de surface comme avoir de la nourriture, des possessions, des plaisirs sexuels, du respect… Malheureusement c’est une attitude qui ne marche pas, ces objectifs de surfaces ne sont que des moyens pour parvenir à la sensation de soulagement, de détente. Celle qui se produit lorsqu’une tension est satisfaite.

Maintenant, voyons quel est ce bonheur. Vous pouvez apprendre à contrôler votre mental, à vous placer en dehors de l’incessant cycle de désirs et d’aversions. Vous pouvez apprendre à ne pas vouloir ce que vous voulez, à reconnaître les désirs sans être contrôlé par eux. Vous pouvez par exemple avoir peur de quelque chose sans être obligé de rester dedans.

Ce type de développement mental prend des années, mais essayer de tout contrôler est impossible et ce qui est difficile vaut mieux que ce qui est impossible. Il n’est pas possible d’effectuer des changements radicaux dans la trame de notre vie tant que nous ne pouvons pas nous voir exactement comme nous sommes maintenant. Aussitôt que nous y parvenons, le changement intervient naturellement sans qu’il soit besoin de forcer, de lutter ou d’obéir à des règles dictées par une quelconque autorité. Mais pour arriver à cette vision intérieure initiale, c’est un vrai travail. Il faut voir qui nous sommes et comment nous sommes, sans illusion, sans jugement ni résistance d’aucune sorte.

« Ce que vous êtes maintenant est le résultat de ce que vous étiez… Ce que vous serez demain sera le résultat de ce que vous êtes aujourd’hui. Les conséquences d’une mauvaise mentalité vous suivront de même que le chariot suit le cheval qui tire. Les conséquences d’un mental purifié vous suivront comme votre propre ombre. Personne ne peut faire plus pour vous que votre propre mental, purifié ; ni vos parents, ni votre famille, ni vos amis, personne. Un mental bien discipliné apporte le bonheur »

Citation extraite du « Dhammapada » (ancienne écriture bouddhique)

Le but de la méditation est de purifier le mental. Elle nettoie la pensée de ce qu’on peut appeler des « irritants psychiques », tels que la convoitise, la haine et la jalousie, qui nous tiennent enchevêtrés dans une servitude émotive. Elle conduit le mental à un plan de tranquillité et de claire perception, à un état de concentration et de vision intérieure. La méditation ressemble beaucoup à la culture d’un nouveau terrain. Pour cultiver l’esprit, il faut d’abord couper les différents « irritants » qui font obstruction, puis les arracher complètement avec les racines pour qu’ils ne repoussent pas. Ensuite, mettre de l’engrais : injecter de l’énergie et de la discipline dans le sol mental. Ensuite, semer les graines et récolter la moisson de foi (le sens ici est proche de confiance), de moralité, d’attention et de sagesse.

Le but est la transformation personnelle. Le « vous » qui entre d’un côté de la pratique n’est pas le même que celui qui sort de l’autre. Elle change votre caractère par un processus de sensibilisation, en vous rendant profondément conscient de vos propres pensées, paroles et actions. L’arrogance et l’antagonisme s’évaporent, l’esprit devient calme et stable, la vie s’harmonise. La méditation prépare à faire face aux hauts et bas de l’existence. Elle réduit les tensions, peurs en angoisses. Les choses commencent à prendre leur place et la vie devient paisible au lieu d’être une lutte, tout cela se produit par la compréhension. La méditation aiguise la concentration et la capacité de penser. Peu à peu, nos propres motivations et mécanismes subconscients deviennent clairs pour nous. Notre intuition s’aiguise. La précision de nos pensées s’accroît. Graduellement, nous parvenons à une connaissance directe des choses telles qu’elles sont réellement, sans préjugé ni illusion.

Ce que n’est pas la méditation :

Voici 7 idées reçues sur la méditation

C’est une méthode de relaxation : celle-ci peut apparaitre comme conséquence d’un état de lâcher-prise, mais ce n’est pas une fin en soi. Le fait d’ailleurs de rechercher un état de relaxation peut créer une tension et ainsi provoquer un résultat opposé. Certaines méthodes vont de la relaxation une fin en soi, ce qui rend la personne dépendante des conditions extérieures pour retrouver cet état de relaxation. Comme les causes provoquant l’état de tensions ne se sont pas éradiquées, celui-ci reviendra donc automatiquement tôt ou tard.

La méditation est un truc de religieux, pas fait pour les gens ordinaires : Comme le dit Bhante Henopola Gunaratana « Les religieux ne méditent pas parce qu’ils sont saints, ils sont saints parce qu’ils méditent » chacun a en lui un potentiel que ne demande qu’à se révéler, ce sera l’objectif de la méditation. C’est grâce à une pratique régulière que pourront se développer de nouvelles qualités indispensables au bonheur de chacun.

La méditation, c’est s’échapper de la réalité : c’est pourtant totalement l’inverse, il s’agit de percevoir la réalité telle qu’elle est en sortant des croyances, schémas, dogmes et tout ce qui nous empêche de la voir clairement en nous obscurcissant l’esprit. Il s’agit de se voir totalement telle que l’on est sans se raconter d’histoire et à s’accepter pleinement, ce qui n’est d’ailleurs pas une mince affaire !

Il s’agit d’une méthode pour être heureux : Le bonheur est une conséquence possible de la méditation une fois toutes les tensions internes relâcher, mais faire de cela un but en soi va induire une tension qui donnera l’effet inverse comme lorsque c’est la relaxation qui est recherché. Le bonheur émergera de lui-même une fois toutes les conditions qui lui sont propices seront réunies.

Méditer est une activité égoïste : Comme il s’agit d’un processus menant à se débarrasser de la colère, des préjugés, de la malveillance, on ne peut pas dire qu’en ces états d’être, nous soyons alors d’un grand altruisme envers les autres. Imaginer quelqu’un sous la colère nous venir en aide est évidemment impensable. Une fois débarrassée de cela, il y a plus de chances que les actions menées par cette personne seront d’une aide pour les autres. Comme l’explique Mathieu Ricard, c’est seulement une fois débarrassé de ces poisons mentaux que l’on peut alors se tourner vers les autres pour leur être plus utile.

La méditation amène à des pensées élevées : Il se peut qu’elles apparaissent, mais cela n’est pas le but, le but est de développer sa conscience, sa concentration afin de voir les choses telles qu’elles sont. Se laisser entrainer dans ses pensées ira à l’encontre de ce qui est recherché, car cela mène à une dispersion de l’esprit.

En 15 jours de méditation, mes problèmes vont disparaitront : Ce n’est pas un remède rapide, mais un travail de longue haleine afin de pourvoir percevoir les changements importants se produire. C’est en répétant encore et encore les exercices que petit à petit nos perceptions des choses alors se modifient. Il faudra faire face aux retours en arrière qui seront autant d’obstacles sur le parcours.

Ce qu’est la méditation :

De nombreux types de méditation existent selon les cultures. Ici, nous évoquerons la méditation Vipassana. Il s’agit de la plus ancienne des pratiques de méditation bouddhique. Cela consiste en un développement direct et graduel de l’Attention, ou conscience éveillée. Le processus s’effectue pas à pas pendant des années. L’attention est minutieusement dirigée vers un examen intense de certains aspects de son existence. Cela entraîne à remarquer de plus en plus d’éléments dans le flux de sa vie. C’est une technique douce, mais elle est très très complète.

L’objet de la pratique est de faire attention. Nous croyons le faire, mais c’est une illusion. Cela provient du faite que nous portons une si faible attention au flux incessant de nos propres expériences que nous pourrions tout aussi bien être endormis. Nous ne faisons simplement pas assez attention pour le remarquer, c’est un cercle vicieux.

À travers le développement de l’attention, nous devenons lentement conscients de ce que nous sommes vraiment, en dessous de l’image de l’ego. Nous nous éveillons à ce qu’est réellement la vie, qui n’est pas simplement une danse de hauts et de bas, de récompenses et de coups. C’est une illusion, la vie possède une texture beaucoup plus profonde si nous nous donnons la peine de regarder et si nous regardons de la bonne manière.

Vipassana est une forme d’éducation du mental qui vous apprendra à expérimenter le monde d’une manière entièrement nouvelle. Pour la première fois, vous apprendrez ce qui vous arrive vraiment, ce qui arrive autour de vous et en vous… C’est un processus de découverte de soi, une investigation dans laquelle vous observez vos propres expériences alors que vous y prenez part, et à mesure qu’elles se produisent.

Dans la méditation Vipassana, nous cultivons cette façon spéciale de voir la vie. Nous nous entraînons à percevoir la réalité exactement comme elle est, et nous appelons ce mode de perception spéciale « attention ». Ce processus d’attention pure est réellement différent de celui que nous utilisons habituellement. Normalement, nous ne regardons pas ce qui est réellement là, en face de nous. Nous voyons la vie à travers un écran de pensées et de concepts, et nous faisons l’erreur de prendre ces objets du mental pour la réalité. Nous sommes tellement emprisonnés dans cet incessant flux de pensées que la réalité s’écoule sans que nous la percevions. Nous dépensons toute notre énergie à essayer de nous sentir mieux, à essayer d’enterrer nos peurs. Sans cesse, nous recherchons la sécurité. Pendant ce temps, le monde de l’expérience réelle s’écoule intouché et non goûté. Dans la méditation Vipassana, nous apprenons à ignorer les envies constantes de bien-être et nous pénétrons en revanche dans la réalité. L’ironie est que la paix est que la paix réelle ne survient que lorsque l’on arrête de la poursuivre. Il ne s’agit pas d’une doctrine que nous essayons de faire pénétrer en vous. C’est une réalité observable, une chose que vous pouvez et devez voir par vous-même.

Quelle attitude adopter pendant la méditation ?

Le résultat de la méditation dépend de l’état d’esprit du méditant. Il convient donc suivre les attitudes suivantes qui sont essentielles pour le succès de la pratique :

– Ne rien attendre : il suffit de prendre du recul et de voir ce qui arrive, il s’agit simplement d’une expérience. Ne vous laissez pas distraire par une attente de résultat. Pour cette raison, il ne faut pas être impatient de quelques résultats que ce soit. La conscience méditative cherche à voir la réalité exactement comme elle est. Que cela corresponde ou non à vos attentes, une suspension temporaire de toutes vos préconceptions et idées est requise. Vos images, opinions, interprétations doivent être remisées hors du chemin pendant la durée de la méditation. Autrement, elles vous feront trébucher.

– Ne forcez pas. Ne forcez rien. Ne faites pas d’efforts exagérés. La méditation n’est pas agressive. Il n’y a pas de lutte violente. Que votre effort soit simplement détendu et stable.

– Ne vous précipitez pas : il n’y a pas d’urgence, prenez votre temps. Installez-vous sur un coussin et restez assis, comme si vous aviez toute la journée devant vous. Tout ce qui a réellement de la valeur prend du temps pour être développé. Patience. Patience. Patience.

– Ne vous attachez à rien et ne rejetez rien. Laissez venir ce qui vient et accommodez-vous-en, quoi que ce soit. Si ce sont de bonnes images mentales qui apparaissent, c’est bien. Si ce sont de mauvaises images mentales qui apparaissent, c’est bien aussi. Observez simplement avec attention et ne luttez pas avec ce que vous expérimentez.

– Lâchez prise : apprenez à flotter avec tous les changements qui se produisent. Assouplissez-vous et relaxez-vous.

– Acceptez tout ce qui apparaît. Acceptez vos émotions y compris celles que vous souhaiteriez ne pas avoir. Acceptez vos expériences, même celles que vous détestez. Ne vous condamnez pas pour avoir des défauts humains et des faiblesses. Apprenez à voir tous les phénomènes comme étant parfaitement naturels et compréhensibles.

– Soyez gentil avec vous-même. Soyez bon pour vous. Vous pouvez être imparfait, mais vous êtes tout ce que vous avez pour travailler. Le processus pour devenir qui vous serez commence d’abord par la totale acceptation de qui vous êtes.

– Examinez-vous. Questionnez tout. Ne prenez rien pour argent comptant. Ne croyez pas quelque chose parce que cela paraît sage et pieux ou parce qu’un saint homme l’a dit. Voyez par vous-même. Soumettez toutes les propositions au test réel de votre propre expérience et laissez le résultat vous guider vers la réalité. La méditation de la vision intérieure se développe à partir d’un besoin intérieur de s’éveiller à ce qui est réel et d’obtenir une vision libératrice dans la structure véritable de l’existence. La pratique entière dépend de ce désir d’être éveillé à la vérité. Sans lui, la pratique est superficielle.

– Regardez tous les problèmes comme des défis : considérez ce qui paraît négatif comme un moyen d’apprendre et de grandir. Ne fuyez pas, ne vous condamnez pas, n’enterrez pas non plus votre fardeau dans un saint silence. Vous avez un problème, réjouissez-vous, plongez et observez.

– Ne cogitez pas. Vous n’avez pas besoin de tout calculer. La pensée discursive ne vous sortira pas du piège. Le mental est purifié naturellement par l’Attention, par l’attention pure, sans mot. Concepts et raisonnements sont simplement des entraves sur le chemin. Ne pensez pas. Voyez.

– Ne vous attardez pas sur les différences : des différences existent entre les gens, mais s’y attarder est dangereux. Cette attitude mène directement à l’égotisme. La pensée humaine ordinaire est pleine de cupidité, de jalousie et d’orgueil. Un homme en voyant un autre peut par exemple penser : « il est plus séduisant que moi ». Et le résultat est aussitôt l’envie ou la honte. C’est une attitude malhabile, que nous adoptons constamment. Nous comparons notre apparence à celle des autres, nos succès, nos accomplissements, notre richesse, nos possessions, notre QI… et tout cela mène au même endroit : désunion, barrières entre les êtres, et rancune.

Quelle posture adopter pour méditer ?

La méditation ne signifie pas s’asseoir sur un coussin dans la position du lotus. C’est une habileté mentale qui peut être pratiqué ou bon vous semble. Certaines postures vous aideront à apprendre la technique et à accélérer votre progrès et votre développement.

Les 3 buts d’une posture sont :

– Procurer une sensation stable dans le corps pour ne pas avoir à se préoccuper de fatigue musculaire ou de problème d’équilibre

– Favoriser l’immobilité physique qui est reflétée par l’immobilité mentale

– Avoir la possibilité de rester assis pendant une longue durée sans céder aux 3 ennemis principaux du méditant que sont : la douleur, la somnolence et la tension musculaire.

Le plus important reste de s’asseoir avec le dos droit. Il est important de faire cela de manière détendue de façon à ce qu’il n’y ait pas de tensions musculaires pour garder le dos droit.

Le choix de la posture :

L’objectif est d’arriver à une posture dans laquelle vous puissiez rester assis pendant toute la séance, sans bouger du tout.

Si vous choisissez de vous asseoir sur le sol à la manière asiatique traditionnelle, il vous faut un coussin pour rehausser votre colonne vertébrale. Il doit être ferme et d’au moins 8 cm d’épaisseur une fois compressés.

Il y a plusieurs façons de plier vos jambes :

1 : Style indien d’Amérique : votre pied droit est placé sous le genou gauche et le pied gauche sous le genou droit

2 : Style birman : vos deux jambes reposent à plat sur le sol du genou jusqu’au pied. Elles sont parallèles entre elles et l’une devant l’autre.

3 : Demi-lotus : vos deux genoux touchent le sol. L’une des jambes y compris le pied repose à plat sur le mollet de l’autre jambe.

4 : Lotus complet : les deux genoux touchent le sol, et vos jambes se croisent à hauteur des mollets. Votre pied gauche repose sur la cuisse droite et votre pied droit sur la cuisse gauche. Les deux plantes de pied tournées vers le haut.

Dans toutes ces postures, vos deux mains sont posées en forme de coupe l’une sur l’autre, et elles reposent contre l’abdomen, les paumes tournées vers le haut. Les mains se situent juste sous le nombril avec la courbure des poignets appuyée sur la cuisse. Cette position des mains fournit un soutien ferme pour la partie supérieure du corps.

Choisissez la posture qui vous permette de rester le plus longtemps sans douleur et immobile. Les tendons s’assoupliront avec la pratique. Il se peut que vous ne puissiez pas vous asseoir à cause de douleurs. Vous pouvez dans ce cas utiliser une chaise à la place. Il en faut une avec un siège plat, un dos droit et pas de bras. Placez vos jambes côte à côte, les pieds à plat sur le sol. Placez les deux mains contre l’abdomen, en forme de coupe, l’une sur l’autre. Vos yeux peuvent être clos ou ouverts.

Comment gérer son mental ?

La méthode expliquée ici exprime spécifiquement que l’on doit d’abord commencer par focaliser l’attention sur la respiration et poursuivre ensuite en observant tous les autres phénomènes physiques et mentaux qui apparaissent. Nous observons l’air entrant et sortant du nez.

Cela peut paraître bizarre à première vue. Il y a une différence entre être conscient d’une pensée et penser une pensée. Une pensée dont vous êtes simplement conscient par l’attention pure est ressentie comme légère. Elle apparaît légèrement comme une bulle puis disparaît sans donner nécessairement naissance à la pensée suivant dans cette chaîne. À l’inverse, la pensée consciente normale est d’une texture beaucoup plus lourde, elle est pesante, impérieuse et contraignante. Elle vous aspire et prend le contrôle de la conscience, elle est obsessionnelle de sa nature même et conduit directement à la pensée suivante dans la chaîne sans intervalle apparent entre les pensées.

La pensée consciente crée une tension dans le corps que vous ne percevez pas tant qu’elle n’a pas grandi au point d’entraîner une véritable douleur. Elle s’empare de votre attention et ne laisse rien pour observer son propre effet. La concentration profonde a pour effet de ralentir le processus mental et d’accélérer la conscience qui l’observe. Cela donne une grande capacité pour examiner le mécanisme de la pensée.

La focalisation de l’attention en un point fixe telle que la respiration développe le mental à une attention calme et constante. Sans ce point de repère, nous nous perdons, vaincus par les vagues incessantes du changement qui tourbillonnent dans le mental.

La méditation peut être comparée au dressage d’un éléphant sauvage. La méthode consistait à attacher l’éléphant capturé à un piquet au moyen d’une corde solide. L’éléphant n’est pas heureux et fait tout pour se débattre, martèle le sol et cherche à arracher le piquet. Puis il réalise qu’il ne peut s’échapper et il se calme, vous pouvez alors commencer à le nourrir et à le manier avec un certain degré de sécurité. Finalement, vous n’avez plus besoin de corde ni de piquet pour dresser l’éléphant et lui faire faire des travaux variés. Dans cette analogie, l’éléphant est notre mentale avec son activité sauvage, la corde est l’attention et le piquet l’objet de méditation : la respiration. L’éléphant apprivoisé qui émerge du processus est un mental bien dressé, concentré, pouvant être utilisé pour percer les couches d’illusions qui obscurcissent la réalité. La méditation dresse le mental

Le premier pas pour utiliser la respiration comme objet de méditation est de la trouver. Ce que vous cherchez est la sensation physique, tactile, de l’air passant à travers les narines pour entrer et sortir. Elle se trouve en général juste à la pointe du nez. Pour trouver votre point, inspirez et expirez profondément et remarquez où vous éprouvez la sensation la plus claire du passage de l’air. Utilisez ensuite cet unique endroit pour garder votre attention fixée, sinon vous vous retrouverez en train de chercher constamment le point juste. À partir de cet endroit privilégié, observez le mouvement entier de la respiration avec une attention claire et concentrée. Ne cherchez pas à contrôler, concentrez-vous sur le mouvement naturel et spontané de la respiration.

Dans l’observation sans paroles de la respiration, il y a deux choses à éviter : penser, et s’enfoncer dans la torpeur. Un mental qui pense se manifeste le plus clairement sous forme du « mental-singe » alors que la torpeur mentale en est presque le contraire. Celle-ci est une diminution de la vigilance, au pis elle vous fera dormir et au mieux elle vous fera perdre votre temps. Lorsque vous vous en rendez compte, notez simplement le fait et ramenez votre observation sur la sensation de la respiration.

Après avoir fait cela pendant un certain temps (peut-être des semaines ou des mois) vous commencerez à ressentir le touchez comme un objet physique. Continuez simplement à inspirer et expirez en observant ce qui se passe. À mesure que la concentration s’approfondira, il y aura de moins en moins de difficultés avec le mental-singe. Vous commencerez à éprouver un état de grand calme dans lequel vous jouirez d’une complète liberté par rapport aux irritants psychiques. Pas d’avidité, d’envie, de jalousie ou d’aversion. L’agitation s’en va. La peur s’enfuit. Ce sont de beaux états du mental qui sont temporaires et se terminent lorsque la méditation s’achève. Ce n’est pas encore la libération, mais des marches sur le chemin qui y mène. Même ces marches prennent du temps, des efforts et de la patience.

Comment structurer sa méditation ?

Il est important d’établir un horaire formel pour la pratique, d’une durée pour méditer et ne rien faire d’autre. Nous réservons une certaine durée spécialement consacrée au développement d’une activité mentale appelé « attention ».

Le simple fait d’être assis sans bouger et d’être attentif produit cet effet, tout effort de notre part pour forcer est contre-productif. La meilleure façon de clarifier le fluide mental est de le laisser se décanter par lui-même. Notre seul effort est une douce, patiente Attention.

Il est important de trouver un endroit tranquille où s’asseoir ou vous serez seul. Vous devez vous sentir bien et ne pas être dérangé. Il faut que ce lieu ne soit pas exposé aux regards, car vous avez besoin de toute votre attention pour méditer.

Pour savoir quand vous asseoir, la règle la plus importante est celle-ci : n’en faites pas trop ni pas assez. Cela ne veut pas dire de pratiquer lorsque la lubie vous en prend. Cela veut dire que vous établissez un horaire de pratique et que vous vous y tenez avec une douce, patiente ténacité. Le fait d’établir un horaire agit comme un encouragement. Faites en sorte que cet horaire s’harmonise avec le reste de votre vie et modifiez-le si vous commencez à le ressentir comme une pénible corvée.

Le matin, aussitôt après le réveil constitue un moment très favorable pour méditer comme vous avez l’esprit frais. Vous n’êtes pas encore absorbé par les responsabilités et c’est une excellente façon de commencer votre journée pour être en forme. Le soir constitue également une excellente source heure pour méditer. L’esprit est plein des poussières mentales accumulées pendant la journée et c’est une bonne chose de s’en débarrasser avant de dormir. La méditation régénérer l’esprit en rétablissant sa clarté vigilante.

Lorsque vous méditez pour la première fois, une fois par jour suffit. Si vous avez envie de méditer plus, c’est bien, mais n’exagérez rien.

Pour savoir combien de temps méditer, la même règle s’applique. C’est à dire aussi longtemps que possible sans rien exagérer. Les débutants commencent avec vingt à trente minutes. Il est difficile de rester assis plus longtemps au début. D’autant que la posture n’est pas très familière au début et demande au corps un temps d’ajustement. Vous pourrez accroître la durée à mesure que vous vous habituerez à la méthode. La recommandation est de rester assis confortablement pendant environ 1 heure au bout d’une année de pratique.

Le but de la pratique est de pratiquer la pure vigilance de l’esprit et non la souffrance. Une certaine douleur est inévitable, en particulier dans les jambes. Aussi, ne vous forcez pas à tenir la posture au prix de douleurs exagéré. Il est important de connaître vos limites.

Ensuite à mesure que la méditation fera de plus en plus partie de votre vie, vous pourrez prolonger vos séances au-delà d’une heure. Vous pouvez établir une règle générale concernant la durée qui vous convient en restant assis 5 minutes de plus.

Il y a des jours où il peut être impossible physiquement de tenir assis aussi longtemps, mais cela ne veut pas dire que vous deviez annuler la séance. Il est très important de pratiquer régulièrement, même 10 minutes peuvent être bénéfiques.

Il convient de fixer la durée de la séance avant de commencer de méditer, et non pendant. Il est beaucoup trop facile de céder à l’agitation en cours de séance, et l’agitation est justement l’un des états principaux que nous voulons observer avec une vigilance attentive. Choisissez donc une durée réaliste et tenez-vous-en. Apprenez à observer l’agitation clairement, avec une attention vigilante. Une fois que vous l’aurez fait suffisamment de fois, elle perdra son pouvoir sur vous. En conséquence votre vie se calmera merveilleusement.

Pratiques d’accompagnement :

La méditation est un dur travail. C’est intrinsèquement une activité solitaire. Une personne se bat contre des forces extrêmement puissantes, faisant partie de la structure même de l’esprit qui médite. En méditant, vous finirez par être confronté à une terrible prise de conscience. Vous vous rendrez compte de l’énormité de ce que vous faites : vous essayez de percer un mur très épais, d’une structure tellement dense qu’aucun rayon de lumière ne peut le traverser. Pour contrebalancer ce sentiment, il est utile de savoir que vous n’êtes pas seul. D’autres sont passés par là avant vous. Ils se sont heurtés à ce mur, et ils ont poursuivi leur chemin jusqu’à la lumière.

La méditation demande de l’énergie. Vous aurez besoin de courage pour affronter un certain nombre de phénomènes mentaux difficiles et de détermination pour rester assis en posture à travers des états déplaisants du mental. La paresse ne sera d’aucune utilité. Afin de rassembler vos énergies pour le travail à effectuer, répétez-vous les phrases suivantes. Sentez l’intention que vous y mettez, donnez-leur leur plein sens.

Je marche sur le chemin parcouru par le Bouddha et ses nobles et saints disciples. Une personne indolente ne peut suivre cette voie. Puisse mon énergie prévaloir. Puissé-je parvenir au but.

La méditation Vipassana est un exercice de développement de l’attention, la conscience sans ego. C’est un procédé au moyen duquel l’ego sera éliminé sous le regard pénétrant de l’attention. L’attraction et la répulsion sont les deux manifestations primordiales du mécanisme de l’ego. Selon la mesure où le désir et l’aversion sont présents dans l’esprit, l’Attention aura la tâche plus ou moins difficile. Si vous vous asseyez sous l’étreinte d’un fort attachement de caractère obsessionnel, vous constaterez que vous n’arrivez à rien.

Vous pouvez utiliser une idée pour en annuler une autre comme vous pouvez équilibrer une émotion négative par une émotion positive. Donner est l’opposé de prendre. La bienveillance est l’opposé de la haine.

Le but de cette pratique est de bannir les pensées de malveillance et de condamnation vis-à-vis de vous même pour le faire ensuite pour les personnes proches et ainsi de suite en étendant le champ jusqu’à vos ennemis et tous les êtres vivants. Cette pratique correctement faite constitue un exercice puissant et transformateur en lui-même.

Au début de chaque séance de méditation, dites en vous-même les phrases suivantes. Ressentez réellement l’intention correspondante :

1. Que je sois bien portant, heureux et en paix. Qu’il ne m’arrive aucun mal. Que je ne rencontre ni difficultés ni problèmes. Puissé-je toujours connaître le succès.

Que je sois également patient, courageux, compréhensif et déterminé à faire face et à surmonter les difficultés, problèmes et échecs inévitables dans la vie.

2. Que mes parents soient bien portants, heureux et en paix. Qu’il ne leur arrive aucun mal. Qu’ils ne rencontrent ni difficultés ni problèmes. Puissent-ils toujours connaître le succès.

Qu’ils soient également patients, courageux, compréhensifs et déterminés à faire face et à surmonter les difficultés, problèmes et échecs inévitables dans la vie.

3. Que ceux qui m’enseignent soient bien portants, heureux et en paix. Qu’il ne leur arrive aucun mal. Qu’ils ne rencontrent ni difficultés ni problèmes. Puissent-ils toujours connaître le succès.

Qu’ils soient également patients, courageux, compréhensifs et déterminés à faire face et à surmonter les difficultés, problèmes et échecs inévitables dans la vie.

4. Que tous les membres de ma famille soient bien portants, heureux et en paix. Qu’il ne leur arrive aucun mal. Qu’ils ne rencontrent ni difficultés ni problèmes. Puissent-ils toujours connaître le succès.

Qu’ils soient également patients, courageux, compréhensifs et déterminés à faire face et à surmonter les difficultés, problèmes et échecs inévitables dans la vie.

5. Que mes amis soient bien portants, heureux et en paix. Qu’il ne leur arrive aucun mal. Qu’ils ne rencontrent ni difficultés ni problèmes. Puissent-ils toujours connaître le succès.

Qu’ils soient également patients, courageux, compréhensifs et déterminés à faire face et à surmonter les difficultés, problèmes et échecs inévitables dans la vie.

6. Que toutes les personnes qui me sont indifférentes soient bien portants, heureux et en paix. Qu’il ne leur arrive aucun mal. Qu’elles ne rencontrent ni difficultés ni problèmes. Puissent-elles toujours connaître le succès.

Qu’elles soient également patientes, courageuses, compréhensives et déterminés à faire face et à surmonter les difficultés, problèmes et échecs inévitables dans la vie.

7. Que mes ennemis soient bien portants, heureux et en paix. Qu’il ne leur arrive aucun mal. Qu’ils ne rencontrent ni difficultés ni problèmes. Puissent-ils toujours connaître le succès.

Qu’ils soient également patients, courageux, compréhensifs et déterminés à faire face et à surmonter les difficultés, problèmes et échecs inévitables dans la vie.

8. Que tous les êtres vivants soient bien portants, heureux et en paix. Qu’il ne leur arrive aucun mal. Qu’ils ne rencontrent ni difficultés ni problèmes. Puissent-ils toujours connaître le succès.

Qu’ils soient également patients, courageux, compréhensifs et déterminés à faire face et à surmonter les difficultés, problèmes et échecs inévitables dans la vie.

Une fois terminé avec ces récitations. Vous pouvez mettre de côté vos soucis et conflits pendant la durée de la pratique. S’ils reviennent plus tard dans la méditation, traitez-les simplement pour ce qu’ils sont : des distractions.

Cette pratique de la bienveillance universelle est également recommandée au coucher et au lever. Le phénomène psychique qui cause le plus de dommages dans l’esprit, principalement lorsqu’il est tranquille, est le ressentiment. Il est donc recommandé de commencer votre méditation en vous mettant en état de bienveillance universelle.

Si cela vous est difficile, il faut vous souvenir que vous pratiquez la bienveillance universelle pour la purification de votre propre mental, comme vous pratiquez la méditation pour votre propre conquête de la paix et votre libération de la douleur et de la souffrance. En pratiquant ainsi la bienveillance, vous pouvez développer une attitude plus amicale, sans parti pris, préjugés, discriminations ou animosité.

D’un point de vue pratique, si vos ennemis étaient bien portants, heureux en en paix, ils ne seraient pas vos ennemis. S’ils étaient libres de problèmes, de douleur, de souffrance, d’afflictions, de névroses, psychoses et paranoïa, de la peur, des tensions et anxiétés, ils ne seraient pas vos ennemis. Votre solution concrète est de les aider à surmonter leurs problèmes, afin que vous puissiez vivre en paix et heureux. Si vous en étiez capable, vous devriez emplir l’esprit de tous vos ennemis de bienveillance et les faire tous réaliser le véritable sens de la paix, de façon que vous puissiez vivre en paix et heureux. Plus ils sont névrosés, plus ils souffrent de psychoses, de peurs, de tensions, d’anxiétés… plus ils peuvent créer des problèmes, des douleurs et des souffrances au monde. Si vous pouviez convertir une personne méchante et pervertie en un saint, vous feriez un miracle ;)

Quand vous haïssez quelqu’un vous pensez : « qu’il soit laid, qu’il souffre, qu’il soit pauvre, inconnu, sans amis, malheureux… », mais ce qui arrive en réalité, c’est que votre propre corps sécrète de telles toxines que vous ressentez des douleurs, une tension artérielle élevée, du stress. Vous expérimentez alors les choses mêmes que vous souhaitez à votre ennemi. Vous ne pouvez pas voir la réalité telle qu’elle est. Votre mental ressemble à de l’eau en ébullition. Vous devenez incapables de vous réjouir de la réussite, du succès de quelqu’un d’autre. Tant que cette condition existe, vous ne pouvez pas méditer correctement. À l’inverse, si vous participez véritablement et investissez votre propre énergie dans les passages précédents, alors ils vous seront bénéfiques. Essayez et voyez par vous-même.

Traiter les problèmes rencontrés dans la pratique :

De nombreux problèmes peuvent apparaître dans votre méditation. L’astuce principale pour les traiter sera d’adopter la bonne attitude. Les difficultés ne sont pas à éviter, mais à utiliser comme des occasions d’apprendre. Nous passons notre vie à fuir nos problèmes et à courir après nos désirs. La méditation est une situation de laboratoire pour examiner ce syndrome et développer des stratégies pour y remédier. Il n’y a pas de plaisir sans un certain degré de souffrance et pas de souffrance sans un certain degré de plaisir.

Quand vous avez une difficulté, examinez-la, observez-la avec attention. Étudiez le phénomène et apprenez son mécanisme. Le moyen pour sortir du piège est de l’étudier, d’apprendre comment il est construit. Il faut pour ce faire le démonter pièce par pièce. Lorsque c’est fait, il ne peut plus vous capturer. C’est la liberté.

La douleur est inévitable, la souffrance non. Ce sont 2 choses différentes. Le schéma d’habitudes qui contrôle actuellement le mental enferme dans la souffrance et il est difficile d’en échapper. Des problèmes vont apparaître dans votre pratique. Un certain nombre seront physiques, d’autres émotionnels et d’autres en raison de votre attitude. Ils peuvent tous être traités et chacun à sa propre réponse.

Problème N°1 : la douleur physique

Personne n’aime la douleur et pourtant nous la subissons tous de temps à autre. Il est certain qu’elle apparaîtra dans votre méditation sous une forme ou sous une autre. Pour la manier, le processus est en 2 temps. Tout d’abord s’en défaire dans la mesure du possible ou au moins la réduire. Ensuite avec la dose qu’il reste, cela peut être l’objet de la méditation. Ne sursautez pas et ne vous énervez pas, observez attentivement la douleur. Lorsqu’elle devient contraignante, elle attire votre attention et l’éloigne de la respiration. Ne vous opposez pas à ce phénomène, laissez simplement l’attention glisser jusqu’à la sensation et explorez ce que vous ressentez. Dépassez votre réaction pour l’éviter afin de plonger dans la sensation pure.

Deux choses coexistent, la sensation simple et la douleur elle-même. Cette réaction est partiellement mentale et partiellement physique. Pour la partie physique, relaxez les muscles un par un autour de la partie douloureuse, cela réduira la douleur de manière significative. Pour la partie mentale, vous censurez mentalement la sensation de douleur, en essayant de la rejeter et de la cacher de la conscience. C’est un rejet silencieux et très subtil : « je n’aime pas cette sensation » ou « va-t’en ». Relaxez le mental comme vous avez relaxé le corps. Lâchez prise complètement jusqu’à ce que la conscience se stabilise au-delà de cette barrière de résistance et se relaxe dans le pur courant de sensations sous-jacent.

Problème N°2 : jambes engourdies

Cela est très courant pour les débutants comme ils ne sont pas habitués à la posture. La sensation provient du pincement des nerfs, il n’y a rien là qui mérite qu’on s’en inquiète. Aussi détendez-vous quand vos jambes s’engourdissent et observez simplement le phénomène attentivement. Après avoir pratiqué un certain temps, cet engourdissement disparaîtra et votre corps s’ajustera à la pratique quotidienne et vous pourrez rester assis pendant de très longues séances sans aucun engourdissement.

Problème N°3 : sensations bizarres

Pendant la pratique, certains font l’expérience de toutes sortes de phénomènes. Cela peut être des grattements, des fourmillements, une impression de légèreté ou de flotter. À mesure que la relaxation s’effectue, le système nerveux commence à passer ses signaux sensoriels plus efficacement. De grandes quantités de données antérieurement bloquées sont transmises et donnent lieu à toutes sortes de sensations nouvelles. Observez leur apparition et observez leur disparition. Ne vous impliquez pas.

Problème N°4 : somnolence

Cela est très habituel pendant la méditation comme vous devenez très calme et relaxé. Lorsque vous vous en rendez compte, appliquez votre attention à l’état de somnolence lui-même. Si cela ne l’a pas fait s’évaporer, il y a sans doute une raison physique qu’il faut trouver. Cela peut-être un dîner copieux ou une nuit avec seulement quelques heures de sommeil. Prenez soin des besoins physiques de votre corps puis méditez.

Ne cédez pas à la somnolence, car vous n’obtiendrez aucune compréhension nouvelle par le sommeil. Si vous êtes très endormi, prenez une longue inspiration et retenez-la aussi longtemps que possible puis ensuite expirez lentement. Recommencez cet exercice jusqu’à ce que le corps se réchauffe et la somnolence passée pour retourner à l’observation de la respiration.

Problème N°5 : Incapacité de se concentrer

Certains facteurs extérieurs favorisent le phénomène comme une attention exagérément active qui saute du coq à l’âne. Certains films ou histoires peuvent créer de puissantes images mentales qui peuvent rester présentes à l’esprit pendant une longue durée. La meilleure façon d’y remédier consiste en un changement dans votre emploi du temps. Méditez d’abord puis lisez ou allez au cinéma ensuite.

Un autre facteur est votre propre état émotionnel. Si un conflit réel existe dans votre vie, l’agitation se transmettra à la pratique. Essayez donc de résoudre vos conflits quotidiens autant que possible avant de méditer. Comme Vipassana est avant tout un exercice de conscience sans ego. Si vous êtes dans tous vos états et que vous ne pouvez rien faire pour vous calmer, observez simplement. Ce bavardage est simplement une chose de plus à observer.

Problème N°6 : ennui

Il est intrinsèquement ennuyeux de rester assis immobile pendant une heure avec rien d’autre que d’observer l’air entrant et sortant de vos narines. L’ennui est un état mental et il doit être traité comme tel.

a) Ré-établissez l’attention véritable

Si la respiration paraît ennuyeuse, vous pouvez être sûr que vous avez cessé d’observer le processus avec l’attention véritable. Lorsque vous êtes clairement attentif à la respiration ou, en vérité, à quoi que ce soit d’autre, ce n’est jamais ennuyeux. L’attention regarde tout avec des yeux d’enfants, avec le même sens du merveilleux. Elle voit chaque seconde comme si elle était la première et la dernière dans l’univers. Alors, regardez de nouveau.

b) Observez votre état mental

Observez avec Attention votre état d’ennui. Qu’est-ce que l’ennui ? Que ressent-on ? Quelle influence a-t-il sur votre pensée ?….. Regardez bien comme si vous n’aviez jamais expérimenté cet état précédemment.

Problème N°7 : peur

Pendant la pratique, des états de peur apparaissent parfois sans raison discernable. C’est un phénomène ordinaire qui peut avoir un certain nombre de causes. Vous pouvez ressentir un complexe réprimé depuis longtemps. Souvenez-vous que les pensées apparaissent d’abord dans l’inconscient et que le contenu émotionnel d’un complexe est souvent perceptible avant que les pensées elles-mêmes ne fassent surface. La peur peut également être une autoproduction, sous l’effet d’une concentration malhabile. Inconsciemment, vous pouvez vous être fixé comme programme d’ « examiner ce qui apparaît ». Lorsqu’une image effrayante apparaît, la concentration s’en empare et l’image se nourrit de l’énergie de votre attention et grandit. Le vrai problème ici est la faiblesse de l’attention. Observez la peur telle qu’elle est. Ne vous y accrochez pas.

Observez les images en tant qu’images. Voyez les souvenirs en tant que souvenirs. Observez les réactions émotionnelles qui en découlent et reconnaissez-les pour ce qu’elles sont. Tenez-vous à l’écart du processus et ne vous en mêlez pas. Traitez toute cette dynamique comme si vous étiez un spectateur intéressé. Ne luttez surtout pas avec la situation. Reculez-vous et laisser tout ce mélodrame faire surface et disparaître. Il ne peut pas vous faire de mal, il ne s’agit que de souvenirs, il ne s’agit que d’imagination, il ne s’agit que de peur.

Problème N°8 : agitation

La nervosité cache souvent une expérience plus profonde qui a lieu dans l’inconscient. Nous avons le talent de refouler les choses en essayant d’enterrer une pensée désagréable au lieu d’y faire face.

Nous cachons la pensée, mais l’énergie mentale que nous utilisons pour cela demeure et bouillonne. Le résultat est cette sensation de mal à l’aise que nous appelons agitation ou nervosité.

Lorsque cet état inconfortable se produit pendant la méditation, observez-le simplement. Ne le laissez pas vous dominer. Ne vous levez pas et ne partez pas. Surtout, ne le combattez pas pour le faire partir. Laissez-le simplement être là et observez-le attentivement. Alors les éléments refoulés finiront par faire surface et vous saurez ce qui vous tourmentait.

Problème N°9 : en faire trop

Les méditants avancés sont généralement enjoués avec un grand sens de l’humour. Ils peuvent rire de leurs propres échecs, des désastres qui ont lieu dans leur vie personnelle. Souvent les débutants sont trop sérieux, beaucoup plus qu’il n’est souhaitable pour leur propre bien. Riez un peu, apprenez à vous assouplir, à vous relaxer, à flotter avec tout ce qui peut arriver. Et ce n’est pas possible si vous êtes tendu, en plein effort, prenant tout très au sérieux.

Généralement, les nouveaux méditants sont trop pressés, pleins d’espérances exagérées. Ils se tendent, transpirent, effectuent de grands efforts. Un tel état de tension est l’antithèse même de l’Attention. Ainsi ils arrivent à de médiocres résultats et abandonnent. Or vous ne pouvez apprendre qu’en méditant, uniquement par expérience directe de ce qu’est la méditation et par où elle mène.

Laissez partir vos idées et vos tensions. Prenez plaisir à votre méditation. Soyez simplement attentif et la méditation elle-même se chargera de la suite.

Problème N°10 : découragement

La conséquence directe d’en faire trop est la frustration. Vous êtes dans un état de tension, vous n’arrivez à rien et vous vous découragez. Sa cause réside dans l’effort exagéré effectué en fonction d’attentes irréalistes.

Il y a une solution, observez simplement votre état mental clairement. N’y ajoutez rien. Observez-le simplement. Un sentiment d’échec n’est rien d’autre qu’une réaction émotionnelle éphémère. Si vous vous y impliquez, elle se nourrit de votre énergie et se développe. Si vous vous placez à distance et l’observez simplement, elle disparaît.

Problème N°11 : résistance à la méditation

Il se peut que parfois vous n’ayez pas envie de méditer, l’idée même vous paraît insupportable. Manquer une séance n’a que peu d’importance, mais on en prend vite l’habitude. Il est plus sage de persévérer malgré la résistance. Prenez la posture quoi qu’il en soit et observez le sentiment d’aversion. Dans la plupart des cas, c’est juste une émotion passagère qui s’évaporera sous vos yeux.

Dans d’autres cas, il s’agit d’une mauvaise humeur qui peut durer plus longtemps, mais cela passe aussi. Et il vaut mieux vous en débarrasser avec 20 ou 30 minutes de méditation que de la laisser vous gâcher toute une journée.

Comment traiter les distractions ?

Tous les méditants expérimentent des distractions pendant leur pratique. Voici quelques méthodes pour les traiter.

Tactique N°1 : évaluer la durée

L’astuce consiste à sortir complètement de ce qui a prise sur vous pour que vous puissiez retourner à votre respiration avec une pleine attention. Faites cela en évaluant la durée pendant laquelle vous avez été distrait. Vous avez seulement besoin d’une approximation.

Tactique N°2 : respirer profondément

Quand le mental est difficile à contrôler, agité, vous pouvez alors rétablir l’Attention au moyen de quelques respirations rapides et profondes. Inspirez l’air avec force et expirez de même.

Tactique N°3 : compter

C’est un procédé traditionnel, le procédé est utilisé pour rétablir l’attention et renforcer la concentration. Vous pouvez compter jusqu’à 5 jusqu’à ce que l’inspir et l’expir paraissent se fondre l’un dans l’autre. Lorsque compter devient une gêne, passez au stade suivant en oubliant les chiffres et le concept d’inspiration et d’expiration.

Tactique N°4 : inspir-expir

C’est une alternative au comptage. Dirigez simplement votre attention sur la respiration en étiquetant chaque cycle avec les mots : inspir – expir. Continuez jusqu’à ce que vous n’ayez plus besoin de ce concept.

Tactique N°5 : annuler une pensée par une autre

Certaines pensées ne veulent jamais partir comme nous sommes des êtres obsessionnels. Nous avons tendance à nous enfermer dans certaines imaginations, soucis ou ambitions. Nous nourrissons ces complexes de pensées pendant des années et leur donnons beaucoup d’activité en jouant avec eux à nos moments de loisir. Il est peu surprenant qu’elles ne nous laissent pas en paix lorsque nous méditons.

Plutôt que de développé les pensées en tant que « bonnes » et « mauvaises », les bouddhistes préfèrent les considérer comme « habiles » et « malhabiles ». Une pensée « malhabile » est liée à la convoitise, à l’aversion ou à la haine. Ce sont avec elles que le mental construit le plus d’obsessions. Elles sont malhabiles dans le sens qu’elles éloignent du but de la Libération. Les pensées habiles, au contraire, sont celles liées à la générosité, à la compassion et à la sagesse.

Ce principe peut être utilisé au jour le jour dans votre méditation. Si vous êtes tourmenté par une obsession particulière, vous pouvez l’annuler en engendrant son opposé. Par exemple : si vous avez une hostilité farouche envers Charles et que sa tête n’arrête pas de vous venir à l’esprit, essayez de diriger un courant d’amour et de générosité envers lui.

Tactique N°6 : vous souvenir de votre but

Il arrive parfois des moments où des choses apparaissent au hasard. Des mots, des phrases sortent de l’inconscient sans aucune raison discernable. Des images se produisent et disparaissent. Le mental est emporté dans tous les sens, comme des vagues sur l’océan. Lorsque c’est le cas, revenez à la raison pour laquelle vous êtes là en vous disant par exemple : « Je ne suis pas ici simplement pour perdre mon temps avec ces pensées. Je suis ici pour me concentrer sur la respiration, qui est universelle, et commune à tous les êtres vivants ».

Durant la méditation, vous pourrez observer votre mental qui se distrait très souvent. On entend par distraction, tout ce qui détourne l’Attention de la respiration. Ceci introduit une nouvelle règle, d’importance majeure : lorsqu’un état mental suffisamment fort pour vous distraire apparaît, tournez brièvement votre attention sur la distraction. Faites-en l’objet temporaire de méditation en notant bien le mot temporaire. La respiration restera toujours votre focalisation primordiale. Vous dirigez votre attention sur la distraction seulement pendant le temps pour noter certaines choses spécifiques la concernant : de quoi s’agit-il ? Quelle est sa force ? Quelle est sa durée ?

Observez la succession des évènements : respiration, respiration. Apparition de la pensée constituant la distraction. Apparition de la frustration résultant de la pensée perturbatrice. Auto condamnation pour la distraction. Observation de la condamnation. Retour à la respiration. Respiration. Respiration.

L’important est la patience. Si vous pouvez apprendre à observer ces distractions sans vous impliquer, cela devient facile.

Qu’est-ce que l’attention ?

Il n’est pas possible de donner une réponse précise. L’attention est un processus subtil que nous utilisons à chaque moment. C’est à partir de cette réalité que nous donnons naissance aux mots – ces mots qui ne sont qu’un pâle reflet de cette réalité. Ils sont conçus par les niveaux symboliques du mental décrivent des réalités avec lesquelles la pensée symbolique est en rapport. L’attention est présymbolique, elle n’est pas tributaire de la logique.

Quand vous devenez conscient de quelque chose, un moment fugitif de pure conscience existe juste avant que le mental conceptualise. Cette phase d’Attention est très courte, c’est un flash d’une fraction de seconde. Dans le fonctionnement ordinaire de la conscience, la phase d’attention est si fugitive qu’elle n’est pas observable. Nous avons pris l’habitude de gaspiller notre attention sur toutes les phases suivantes, en nous concentrant sur la perception, la conceptualisation, en développant la compréhension et plus que tout en nous investissant dans une longue chaîne de pensées symboliques. Le moment d’attention original est rapidement dépassé. Le but de la méditation est de nous entraîner à prolonger cet instant de conscience sans ego. Quand l’attention est prolongée, vous découvrez la profondeur de cette expérience et elle change votre entière vision de l’univers. Cet état de perception doit être appris et il est nécessaire d’effectuer une pratique régulière.

Caractéristiques de l’Attention :

– L’attention est pensée-miroir : Elle reflète seulement ce qui se passe dans l’instant présent, exactement de la manière dont cela se passe sans déformation.

– L’attention est observation sans jugement : c’est la capacité d’observer sans critiquer. Les choses sont vues sans condamnation ni jugement. Un intérêt équilibré est pris dans les choses, exactement telles qu’elles sont dans leur état naturel. Il est important d’accepter nos divers états mentaux. Nous ne pouvons pas par exemple observer notre propre dépression sans l’accepter. Il est impossible d’examiner quelque chose complètement si nous sommes en même temps en train de rejeter son existence. Aucun orgueil, aucune honte, rien de personnel n’est en jeu, ce qui est là est là

– L’attention est vigilance impartiale : elle ne s’engoue pas de bons états mentaux ni ne cherche à contourner les mauvais. Il n’y a aucun désir de prolonger ceux qui sont plaisants ni de faire disparaître ceux qui sont déplaisants. L’attention considère chaque expérience comme équivalente. Rien n’est supprimé, rien n’est réprimé. L’attention ne fait pas de favoritisme.

– L’attention est conscience non conceptuelle : ce n’est pas de la pensée. L’attention pure n’est pas engluée dans des idées, des opinions ou des souvenirs. Simplement elle voit. L’Attention enregistre les expériences sans les étiqueter ou les classer, elle observe simplement chaque chose comme si cela se produisait pour a première fois. C’est l’expérience directe et immédiate de tout ce qui arrive sans l’intermédiaire de la pensée. L’attention se situe avant la pensée dans le processus de perception.

– L’attention est conscience dans l’instant : c’est l’observation de ce qui arrive exactement dans l’instant. Elle demeure à jamais dans le présent. Si vous vous souvenez de votre vieux maître d’école, il s’agit de mémoire. Quand vous devenez conscient que vous êtes en train de vous souvenir de votre vieux maître d’école, c’est l’Attention.

– L’attention est vigilance sans ego : elle voit tous les phénomènes sans mise en jeu de concepts tels que « moi », « mon » ou « mien ». Par exemple, vous avez une douleur dans la jambe. La conscience dira « j’ai mal à la jambe ». En utilisant l’attention, la sensation sera simplement remarquée en tant que sensation. Le concept supplémentaire « je » ne sera pas ajouté.

– L’attention st conscience sans objectif : On ne cherche pas à accomplir quoi que ce soit. Il n’y a que l’observation.

– L’attention est conscience du changement : c’est observer les choses en train de se modifier. C’est voir la naissance, la croissance, la maturité de tous les phénomènes. C’est voir comment chaque phénomène passager nous fait sentir comment nous y réagissons. L’attention observe uniquement l’univers intérieur, son terrain d’étude est sa propre expérience, ses pensées, ses sensations, ses émotions, ses perceptions.

– L’attention est observation « participative » : le méditant est à la fois participant et observateur. Alors qu’il observe ses propres émotions ou ses propres sensations physiques, il les ressent. L’attention n’est pas une conscience intellectuelle, mais simplement de la conscience. L’attention est objective, mais elle n’est ni froide ni insensible. C’est l’expérience éveillée de la vie, une vigilante participation au processus actif de la vie.

Les trois activités fondamentales de l’attention :

– L’attention nous rappelle ce que nous devons faire : lorsque votre mental s’éloigne de votre objet d’attention, c’est l’attention qui vous rappelle qu’il est en train de s’égarer et ce que vous devez faire. C’est l’attention qui ramène sur l’objet de la méditation instantanément et sans dialogue intérieur. La pratique répétée établit cette fonction sous forme d’une habitude mentale qui se poursuit dans toute votre vie. L’attention est donc à la fois et en même temps l’attention pure elle-même et la fonction qui nous rappelle de l’utiliser, si nous avons cessé de le faire. L’attention crée dans la conscience sa propre sensation, elle possède une saveur – légère, claire, énergétique. La pensée consciente par comparaison est lourde, pesante.

– L’attention voir les choses telles qu’elles sont réellement : Elle n’ajoute rien à la perception et n’en soustrait rien, elle ne déforme rien. C’est de l’attention pure et elle regarde simplement ce qui apparaît. La pensée consciente recouvre l’expérience, est chargée de concepts et d’idées, nous immerge dans un vortex bouillonnant de plans et d’inquiétudes, de peurs et d’imaginations. Quand l’attention est là, vous ne jouez pas à ce jeu.

– L’attention voit la nature de tous les phénomènes : l’attention, et elle seule peut percevoir les trois caractéristiques primordiales de chaque phénomène de l’existence. Ce sont l’impermanence, l’insatisfaction et l’absence d’entité permanente (non changeantes, que nous appelons moi ou soi). Ce ne sont pas des vérités dogmatiques auxquelles il y a lieu de croire aveuglément. Les bouddhistes considèrent qu’elles sont universelles et évidentes en elles-mêmes pour toutes personnes qui prennent la peine de conduire sa recherche de la bonne manière. L’attention constitue la méthode d’investigation.

L’attention fonctionne comme un microscope, c’est-à-dire qu’elle opère à un niveau si profond qu’il est possible de voir directement ces réalités qui sont, au mieux, des constructions théoriques et hypothétiques pour la pensée consciente. L’attention voit réellement le caractère impermanent de chaque perception. Elle voit la nature intrinsèquement insatisfaisante de toutes les choses conditionnées. Elle voit qu’il n’y a aucun sens à s’attacher à l’une quelconque de ces représentations éphémères. La paix et le bonheur ne peuvent être trouvés de cette façon. L’attention voit la façon dont nous avons arbitrairement sélectionné un certain ensemble de perceptions, comment nous les avons isolées du reste du flux puissant de l’expérience et conceptualisé sous forme d’entités séparées et durables. L’attention voit véritablement ces choses. Elle n’y pense pas, elle les voit directement.

Pleinement développée, l’attention est un état de non-attachement intégral, d’absence totale de dépendance vis-à-vis de toute chose au monde. Si nous pouvons la maintenir, aucun autre outil n’est nécessaire pour demeurer libre des obstructions et pour atteindre la libération des faiblesses humaines. Conscience non superficielle, elle voit les choses en profondeur, loin en deçà du niveau des concepts t des opinions. Elle mène à une totale certitude, à une complète absence de confusion. Elle devient sans failles, ne faiblit jamais et ne se détourne jamais. Cette pure conscience immaculée, investigatrice, non seulement tiens les empêchements mentaux à l’écart, mais elle met à nu leurs mécanismes mêmes et les détruits. L’attention neutralise les souillures de mental. Il devient sans tache et invulnérable, complètement non affecté par les hauts et les bas de l’existence.

Comment fonctionne l’équilibre entre attention et concentration ?

La méditation correspond à un acte d’équilibre mental. Deux qualités distinctes sont développées : l’attention et la concentration. Elles fonctionnent en tandem, il est donc important de les cultiver côte à côte et de façon équilibrée. Si l’un des deux facteurs est renforcé au détriment de l‘autre, l’équilibre est rompu et la méditation impossible.

La concentration peut être appelée fixation du mental sur un objet unique. Cela consiste à forcer le mental sur un objet unique. Il s’agit bien de quelque chose de forcé. C’est par la force qu’elle est développée, par le pur pouvoir de la volonté. L’attention est la fonction sensible qui remarque les choses, la concentration fournit la force. Elle conserve l’attention sur l’objet unique.

La concentration est à considérer comme un outil, elle peut être utilisée pour le bien ou le mal. Correctement employée, elle vous servira sur le chemin de la libération, mais elle peut être mise au service de l’ego. Elle peut opérer dans le contexte du succès et de la rivalité, pour dominer les autres, et servir l’égoïsme. Seule l’attention peut permettre la lumière sur le problème de l’égoïsme et de la nature de la souffrance.

Certaines conditions sont nécessaires pour qu’une concentration profonde puisse se développer. Il est important d’avoir un environnement physique libre de distractions, sans bruits, sans interruption afin qu’il soit possible de cultiver cette capacité. L’attention en revanche est libre de tous ces inconvénients en dépendants d’aucune circonstance particulière, physique ou autre. Jusqu’à un certain point, elle existe dans chaque moment, dans chaque circonstance.

Vous ne pouvez pas développer l’Attention par la force. Le pouvoir de la volonté empêchera la progression. L’attention ne peut être cultivée que par le lâcher-prise, en vous installant simplement dans l’instant et en vous autorisant à être confortable avec tout ce dont vous faites l’expérience. Cela ne veut pas dire qu’elle se produise toute seule, l’énergie est nécessaire. Mais cet effort est modéré, par l’effort sans effort. Le méditant la développe en se rappelant constamment avec gentillesse qu’il lui faut maintenir son attention à tout ce qui se produit dans l’instant présent. L’attention est cultivée en prenant constamment du recul vers un état d’éveil attentif, doucement, doucement, doucement. C’est elle qui vous permet d’effectuer le pas mental en arrière crucial, permettant de voir vos désirs et aversions, et de dire : « Ah, c’est ainsi que je suis vraiment. »

Vous vous voyez alors exactement comme vous êtes. Vous voyez votre propre souffrance et vous voyez de quelle façon vous créez cette souffrance. Vous voyez comment vous blessez les autres. Vous passez directement à travers l’écran des mensonges que vous vous racontez et voyez ce qui est vraiment présent. L’attention conduit à la sagesse et regarde simplement. La rivalité et le combat pour la réussite n’ont aucune place, l’attention ne poursuit aucun but. Elle voit juste ce qui est déjà là.

Si vous avez fixé votre mental sur une pierre, la concentration ne verra que la pierre. L’attention prendra du recul par rapport à ce processus, sera consciente de la pierre, consciente de la concentration dirigée sur la pierre, consciente de l’intensité de la focalisation et instantanément consciente du changement d’objet de l’attention si celle-ci vient à être distraite. C’est l’attention qui remarquera la distraction et qui dirigera à nouveau l’attention sur la pierre. La concentration focalise l’esprit, un peu comme un rayon laser, mais elle ne comprend pas ce qu’elle perçoit.

Au début de votre pratique, une des premières choses qui frappe est l’incroyable intensité de l’activité mentale, que la tradition théravadine surnomme « mental-singe ». À ce moment, si vous accroissez la fonction d’éveil, vous serez conscient de tellement de choses que la concentration sera impossible. Ne vous découragez pas, la solution est simple : au début, placez la plus grande partie de votre effort dans la fixation du mental sur un objet unique et ramenez constamment l’attention qui vagabonde. Battez-vous autant qu’il le faut. Au bout de deux mois, vous aurez développé votre pouvoir de concentration.

Concentration et attention marchent main dans la main. L’attention dirige le pouvoir de la concentration. Cette dernière fournit l’énergie grâce à laquelle l’attention peut pénétrer dans les couches les plus profondes du mental. Il est nécessaire de les cultiver ensemble dans un rapport équilibré. Un peu plus d’importance est simplement donnée à l’attention, car elle est le centre de la méditation. Les niveaux de concentration les plus profonds ne sont pas véritablement nécessaires pour parvenir à la libération, mais l’équilibre est essentiel.

Comment méditer dans la vie quotidienne ?

Tous les joueurs de foot s’entraînent pour marquer des buts et progresser. C’est ce qu’ils apprennent et ils ne s’arrêtent jamais de pratiquer. Ils en marquent à chaque entraînement afin de ne pas non plus en perdre la capacité. La méditation assise est le terrain sur lequel le méditant s’entraîne pour développer ses propres capacités fondamentales. Son jeu à lui est l’expérience de sa propre vie et son instrument est son propre appareil sensoriel.

Même les méditants les plus confirmés continuent de pratiquer afin d’aiguiser les capacités mentales dont ils ont besoin. Cependant la méditation assise n’est pas le jeu, ce n’est que le terrain d’entrainement. Le jeu où les capacités acquises sont à utiliser est tout le reste de la vie. Si ce n’était pas le cas, la méditation demeurerait stérile et limitée.

Le but de la méditation n’est rien de moins que la transformation radicale et permanente de notre entière expérience sensorielle et cognitive. Cela a pour but de révolutionner la totalité de notre expérience de la vie. Les périodes de pratique assise servent à inculquer de nouvelles habitudes mentales. Vous apprenez de nouvelles méthodes pour traiter la pensée consciente et de nouvelles manières de faire face au flot incessant de vos propres émotions et ces nouveaux comportements mentaux doivent être amenés à fonctionner dans votre vie active. Bien qu’une certaine dose de transfert se produise spontanément, c’st un processus lent et peu fiable. Vous risquez de vous retrouver avec un sentiment de n’arriver à rien et de tout abandonner par insatisfaction. L’un des moments les plus mémorables dans votre carrière de méditant est celui où, pour la première fois, vous vous rendez compte que vous êtes en train de méditer en plein milieu d’une activité parfaitement ordinaire. Il est important pour cela que vous cherchiez à promouvoir activement le processus de transfert.

Il est important de comprendre que la méditation est la culture de l’attention et que vous n’avez pas besoin d’être assis pour méditer. Vous pouvez le faire en faisant la vaisselle, sous la douche, en tapant à la machine. La méditation est la conscience sans ego et il s’agit d’appliquer cette conscience à toute activité et dans toutes les activités durant le cours de la vie, ce qui n’est pas facile.

Voici une série d’exercices qui rend la transition entre la méditation et la vie quotidienne plus douce :

– Méditer en marchant : En méditant assis, nous restons sans bouger, ce qui est à l’opposé de la vie normale. Pour pratiquer en marchant, vous avez besoin d’une espace permettant d’effectuer 5 à 10 pas en ligne droite. Vous ferez des allers et retours très lentement. Choisissez un endroit isolé, car vous aurez l’air un peu bizarre et cela attirerait une attention excessive. Commencez à une extrémité de l’endroit. Restez d’abord debout immobile pendant une minute en étant attentif (vous pouvez tenir vos bras dans n’importe quelle position confortable). Ensuite en inspirant, levez le talon d’un des pieds. En expirant, laissez ce pied reposer simplement sur les orteils. Pendant l’inspiration suivante, levez ce pied et avancez-le et posez-le au sol. Faites ensuite de même avec l’autre pied. Marchez ainsi très lentement jusqu’au bout de votre espace et là restez debout immobile et attentif pendant une minute. Tournez ensuite sur vous-même très lentement et restez de nouveau immobile pendant une minute avant de marcher en sens inverse de la même manière que précédemment et continuez ainsi. Le but est destiné à immerger votre conscience dans des sensations simples et à le faire de manière si complète que tout le reste est repoussé à l’extérieur. Il n’y a aucune place pour les pensées et émotions. Il n’y a aucunement besoin d’un sens de soi. Seul le flot des sensations tactiles et kinesthésiques, un flux sans fin et constamment changeant d’expériences pures. Nous apprenons ainsi à nous échapper dans la réalité plutôt qu’à la fuir.

– Postures : Le but est de devenir pleinement conscient de toutes les facettes de notre expérience en un flux ininterrompu, de moment en moment. La majeure partie de notre temps se passe en pilotage automatique, perdus que nous sommes dans le brouillard des rêveries éveillées et de nos préoccupations. L’un des aspects de notre expérience le plus fréquemment ignorée est notre corps. Les nerfs transmettent des informations à chaque seconde, mais nous les avons en grande partie bloquées hors de la conscience. Tout au long de la journée, consacrez quelques secondes toutes les minutes pour sentir votre posture. Balayez votre corps de haut en bas de votre attention et percevez la façon dont vous le tenez. Ne le faites pas sous forme d’un jugement. Prenez-en note mentalement et en silence : « assis – debout- allongé – marchant ». Cela paraît très simple, mais cet exercice est très puissant. Il vous branche sur une dimension se sensations complètement nouvelles. Vous vous sentez comme un aveugle à qui on aurait rendu la vue.

– Mouvements lents : Toute action effectuez est composée d’éléments différents. Lacer vos chaussures par exemple donne lieu à une série complexe de mouvements élémentaires. La plupart d’entre eux ne sont pas observés. Afin de développer l’habitude globale d’être attentif, vous pouvez effectuer des activités simples à vitesse très lente tout en faisant un effort pour porter attention à chaque détail de l’action. En diminuant intentionnellement la vitesse de vos pensées, de vos paroles et de vos mouvements, vous les pénétrerez beaucoup plus profondément qu’il ne serait possible de le faire autrement.

– Coordination avec la respiration : Comme dans la méditation assise ou le centre d’attention principale est la respiration. Vous pouvez appliquer le même principe au sein du mouvement. Vous pouvez coordonner les activités auxquelles vous vous livrez avec votre respiration. Il devient plus facile de vous concentrer sur vos activités et l’attention est accrue. Votre conscience reste ainsi plus facilement dans le présent.

Un état d’attention est un état de disponibilité. Le mental n’est alors pas encombré par des préoccupations ni entravé par des inquiétudes. Tout ce qui se présente peut être traité instantanément. Lorsque vous êtes vraiment attentif, votre système nerveux possède une fraîcheur et une élasticité qui favorisent l’intuition. Si un problème apparaît, vous vous en occupez rapidement, efficacement avec un minimum d’embarras. Vous ne vous mettez pas dans tous vos états, vous ne vous réfugiez pas non plus dans un coin tranquille pour cogiter sur ce qu’il faut faire. Simplement, vous faites ce qu’il faut. Et, dans les rares cas où aucune solution ne paraît possible, vous ne vous tracassez pas. Vous passez simplement à la chose suivante qui requiert votre attention. Votre intuition devient une faculté très pratique.

– Moments perdus : Cela n’existe pas pour un méditant sérieux. Chaque temps mort peut être mis à profit pour méditer. Vous attendez par exemple votre tour chez le dentiste en étant anxieux, alors méditez sur l’anxiété. Essayez de rester vigilant et conscient toute la journée, d’utiliser chaque seconde pour être attentif. Mettez à profit les instants où vous êtes seul et profitez des activités qui sont en grande partie mécaniques.

– Concentration sur toutes les activités : Essayez de maintenir l’attention sur toutes les activités et sur chaque perception au long de la journée, en commençant par la première au réveil et en finissant par la dernière en vous endormant. Ce but est très élevé, n’imaginez pas y parvenir rapidement. Prenez les choses doucement et faites croître votre capacité avec le temps. Diviser la journée en tranche constitue la manière la plus facile d’y arriver. Consacrez une période à l’attention sur la posture, ensuite élargissez cette attention pour couvrir d’autres activités simples comme manger, vous laver, vous habiller, etc. Mettez de côté un quart d’heure pour exercer l’attention aux états mentaux : agréable, désagréables, neutres par exemple ou pour observer les empêchements ou les pensées. L’idée est de s’entraîner à détecter les différents sujets et de préserver votre état d’attention aussi complètement que possible.

Essayez d’avoir un programme quotidien avec peu de différence entre votre méditation assise et le reste de la journée. Laissez la première se couler naturellement dans la seconde. La pratique doit s’effectuer au sein même de l’activité de tous les jours, c’est votre laboratoire. Il fournit les épreuves et les défis dont vous avez besoin pour que l’entrainement soit profond et authentique. C’est le feu qui purifie des mensonges et des erreurs, le test qui montre si vous progressez ou si vous vous racontez des histoires. Si votre méditation ne vous aide pas à faire face aux conflits et aux luttes de chaque jour, c’est qu’elle reste superficielle.

Que pouvez-vous attendre de votre méditation ?

Les premiers bienfaits que vous pouvez attendre sont d’ordres pratiques et les derniers profondément transcendants. Votre propre entraînement vous les fera connaître directement, votre propre expérience est essentielle.

Les empêchements sont plus que de simples habitudes mentales. Ils constituent les manifestations primordiales du mécanisme de l’ego. Ce sens de l’ego est essentiellement un sentiment de séparation, la perception d’une distance entre ce que nous appelons moi et ce que nous appelons autre. Cette perception n’est maintenue que si elle est constamment exercée et les empêchements constituent cet exercice. L’attention va percevoir les choses profondément et avec une grande clarté. Elle amène votre attention à la racine même « des souillures » et met leur mécanisme à nu. Elle voit leurs effets et ne peut être trompée. Ainsi à mesure que l’attention est développée, les murs de l’ego sont détruits, les désirs diminuent, la défensive et la rigidité décroissent. Vous devenez plus ouvert, plus tolérant, plus souple. Vous apprenez à partager votre bienveillance.

Chaque moment qui passe se détache, les instants ne se dissolvent plus en un flou mal perçu. Rien n’est négligé ni sans considération. Aucune expérience n’est cataloguée « juste ordinaire », tout est lumineux et spécial. Vous arrêtez de donner une étiquette à vos expériences, les descriptions et interprétations sont abandonnées. Vous accordez à chaque instant la possibilité d’exister à part entière et vous écoutez ce qu’il a à dire comme si vous l’entendiez pour la première fois. Une fois votre mental libéré des pensées, in devient clairement éveillé et au repos dans une conscience totalement simple.

À mesure que vous observez chaque changement et voyez comment tout s’accorde, vous devenez conscient de la relation intime entre tous les phénomènes mentaux, sensoriels et affectifs. Vous observez une pensée en amenant une autre, vous voyez la destruction donnant naissance aux réactions émotionnelles et les sensations faisant apparaître de nouvelles pensées. Actions, pensées, sensations, désirs – vous les voyez tous, intimement liés en un fin tissu de causes et d’effets. Vous observez l’apparition des expériences plaisantes et leur disparition et vous voyez qu’elles ne durent jamais. Vous observez la douleur qui fait irruption sans y être invitée et votre combat plein d’anxiété pour la rejeter, et vous vous voyez échouer. Et tout se produit et se reproduit, encore et encore, pendant que vous restez tranquillement en retrait à tout observer.

Issue de ce vivant laboratoire, vous voyez que votre vie est marquée par le désappointement et la frustration, et leur source est claire. Ces réactions proviennent de votre propre incapacité à obtenir ce que vous voulez, de votre peur de perdre ce que vous avez acquis, de votre habitude de n’être jamais satisfait de ce qui est vôtre. Et maintenant, il ne s’agit plus de théories – vous voyez par vous-même et vous vous rendez compte que c’est la réalité. Vous voyez la douleur qui naît de la perte. Vous vous observez en train de vous adapter sans cesse jour après jour, par obligation à de pénibles changements dans votre vie ordinaire. Vous êtes témoin des tensions et des conflits inhérents au processus même de l’existence et voyez à quel point la plupart de vos préoccupations demeurent superficielles. À ce point, votre sens de vous-même se modifie. Vous commencez à vous regarder comme une photographie sur une page de journal. De même, sous l’œil intensément pénétrant de l’attention, le sens d’un « soi », d’un « je » ou d’ « être » perd de sa solidité et se dissout. Vous vivez intensément l’expérience de l’impermanence de la vie, la nature de la souffrance de l’existence humaine et la vérité de l’absence de soi. Vous faites l’expérience de ces choses d’une manière si vivante que vous vous éveillez soudainement à l’absolue futilité du désir, de l’attachement et de la résistance. Le concept de ‘soi » s’évapore. Tout ce qui reste est une infinité de phénomènes impersonnels interdépendants et conditionnés, sans cesse changeants. Le désir est éteint et un grand fardeau est enlevé. Seul reste un flux sans effort, sans aucune trace de résistance ou de tension. Seule demeure la paix.

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