Découvrez Michel Vaujour (ancien prisonnier devenu yogi)

J’aimerais vous faire découvrir dans cet article Michel Vaujour qui est un ancien prisonnier qui a complètement transformé sa vie grâce au Yoga.

Michel Vaujour–Moodstep

Je l’ai découvert grâce au blog d’Arnaud Guetcheu www.terresderepos.tv et son parcours de vie m’a interpellé. C’était d’abord un braqueur qui s’est échappé 5 fois de prison, plein de rage, l’esprit obsédé vers une autre nouvelle façon de s’échapper de prison.

Une chose qui m’interpelle dans cet histoire, c’est le pouvoir du mental. Imaginez cet homme emprisonné qui réfléchit de façon quasi-obsessionnelle sur une façon de pouvoir s’échapper de prison. Et bien, il y ait arrivé 5 fois. Je ne juge pas le contexte de la situation, ce qui m’intéresse ici c’est que quelque chose qui semble totalement impossible soit devenu  possible. Pas du jour au lendemain bien sûr mais à force de réflexion, avec un esprit véritablement tourné vers un seul but, il a réussi a trouvé les solutions devant l’impossible.

Avec 5 évasions à son actif, tout cela l’a conduit en quartier de Haute-sécurité d’où il était cette fois complètement impossible de pouvoir s’échapper. Cette fois, il n’y avait plus d’autre choix que d’accepter et faire avec la situation. Il s’est mis au yoga jour après jour faute de pouvoir faire autre chose et s’est transformé peu à peu. Cela lui a pris 5 ans pour gagner en maîtrise et paix intérieure.

Découvrez quelques citations et une courte interview pleine de sagesse issue du site Le Yoga de l’Art :

Je crois qu’on peut tout réussir, vraiment tout, si on est prêt à tout sacrifier, même, et surtout, ce que l’on croit être.

La pire des prisons est celle dans laquelle l’esprit peut s’enfermer, se figer.

On peut tout dépasser et même qu’on a tout à y gagner, à tout dépasser.

J’ai eu la chance d’être obligé d’aller plus loin que la norme. Et de tenir.

Et plus le chemin est dur et plus on finit par découvrir des forces au fond de soi, des forces dont on ignorait la présence. Des forces qu’on ignorerait d’ailleurs peut-être toujours, si on n’avait pas été obligé d’aller plus loin.

Question : Comment vous êtes-vous retrouvé en prison ?

Michel Vaujour : Simplement, comme pour beaucoup de jeunes garçons avec une énergie anarchique : j’ai volé des voitures dans une ville de province grise où je m’ennuyais ferme, pour aller danser… J’ai été condamné bien au-delà de ce que j’aurais dû, à deux ans et demi de prison et cinq ans d’interdiction de séjour, ce qui était aberrant, une sorte d’exil. Peu après ma sortie, je me suis fait arrêter alors que je conduisais sans permis. Vue l’expérience que je venais d’avoir, je me suis sauvé. J’ai couru comme ça pendant trente ans, parce qu’à chaque fois qu’on m’arrêtait, je m’évadais ; et à chaque fois que j’étais repris, la peine était plus lourde. À 25 ans, j’avais déjà vingt-cinq ans de prison à faire ! Dans ma cellule du quartier de haute sécurité, j’ai découvert la solitude et le silence, 24 heures sur 24. Je ne parlais pas avec les surveillants.

Question : Vous dites qu’alors, vous avez éradiqué toutes vos « faiblesses mentales ». De quelle manière avez-vous réussi à les dépasser ?

J’avais envie de mourir. Cet appel de la mort, je m’en suis servi comme dernier moyen pour m’en sortir. Il fallait contrôler cette impulsivité, cette non-maîtrise, qui m’avait amené jusque-là. J’ai découvert le yoga et je suis rentré dans un autre monde. Dans ma minuscule cellule, la lumière artificielle était omniprésente, j’étais cerné de béton et je ne voyais pas même le ciel. Un espace hors temps, hors tout. Le yoga s’engouffra dans le vide existentiel qu’était devenue ma vie et, au fil du temps, tout, absolument tout, devint yoga. De l’éveil, vers 5 h, jusqu’au coucher, je me vouais au yoga, comme d’autres en d’autres lieux de silence et de solitude se vouent à Dieu. Même en m’endormant, j’observais mon sommeil… Ce que j’ai compris dans le yoga, c’est que cette ascèse, à haute dose, et bien employée, permet de se sculpter soi-même. Vous devenez ainsi ce vers quoi vous tendez.

Question : Vous dites souvent que « tout ce qui est vivant se transforme ». En quoi est-ce important d’en prendre conscience ?

Sans cela, on a tendance à se figer, à s’enfermer dans une image flatteuse de nous-mêmes, alors que tout ce que nous sommes est impermanent. De petit deuil en petit deuil de ce que nous croyons être, vient l’acceptation profonde de cette loi de la transformation, qui nous permet d’accueillir pleinement ce qui nous est offert, d’accomplir totalement notre chemin d’humanité et de mourir en paix. La seule chose qui nous appartienne, c’est la vie. Au-delà, je ne sais pas. Mais le simple fait d’être vivant est le miracle. Vivre cela fait de chaque jour un acte de grâce. Je ne sais pas de quoi sera fait l’avenir pour moi, mais jamais je ne cracherai sur la vie. Je crois, par ailleurs, que quand l’homme croit vraiment en quelque chose, qu’il le vit de tout son cœur, de toute son âme, de toutes ses forces dans l’ascèse, l’éthique, alors le suggestif s’incarne en lui. C’est une sculpture qui n’a de fin qu’à l’instant du mourir.

Question : En prison, vous étiez isolé, mais pas seul…

Jamais. Durant les cinq dernières années, j’ai entretenu une correspondance quotidienne de plusieurs heures avec une jeune visiteuse de prison, étudiante en droit à l’époque, qui est ensuite devenue ma femme. C’est elle qui m’a aussi permis de me remettre en question. Jusque-là, j’avais toujours vécu dans le rapport de force. Je ne m’étais jamais ouvert à qui que ce soit. J’ai commencé à échanger avec elle d’égal à égal et cela m’a amené à une véritable ouverture. À elle d’abord, puis le phénomène s’est élargi à tous. Elle m’a appris à dépasser ma petite personne, à sabrer mon ego. Sur le même principe de la transformation, j’ai détruit méthodiquement ce que j’avais construit précédemment, et ça m’a ouvert pleinement à la vie. Cette expérience m’a permis de comprendre que la pire des prisons est celle dans laquelle l’esprit peut s’enfermer, se figer et nous séparer du vivant, de la vie. S’évader de cette prison-là est la plus essentielle des évasions. Le lâcher-prise, l’acceptation profonde des différences, l’amour, en sont les clés.

J’espère que l’histoire de Michel Vaujour vous inspirera comme elle m’a inspiré. N’hésitez pas à partager cet article s’il vous a plu.

6 thoughts on “Découvrez Michel Vaujour (ancien prisonnier devenu yogi)

    1. Bonjour Nora,

      Devant le vécu de cet homme, il nous est difficile de nous plaindre et cela est inspirant pour relativiser les obstacles de trouvant sur notre route. D’autant que je n’ai pas précisé mais après sa dernière évasion, Michel Vaujour est retourné en prison avec une balle dans la tête et la moitié du corps paralysé, rien que ça….. Et pourtant il est maintenant très heureux, cela en dit long sur l’impact de notre regard sur les évènements !

  1. Merci Jonathan
    de penser à nous méme à Bangkok…
    je connaissais déjà un peu le parcours de
    cet ancien prisonnier ..son témoignange nous
    prouve qu’on peut évoluer dans un espace hors
    temps, hors tout…
    « Cette expérience nous a permis de comprendre,
    que la pire des prisons est celle dans laquelle
    l’esprit peut s’enfermer, se figer et nous séparer
    du vivant de la vie . »
    Nous devons tous s’évader de cette prison- là,
    est la plus essentielle des évasions.
    Puis j’étais encore bouleversée par l’interview d’Arnaud
    Desjardins avec Dalida , qui est allée très loin dans ses
    recherches spirituelles ….et malgré tout la vie est devenue
    insupportable pour elle….
    Comme quoi , restons vigilente et humble…car malgré de
    nombreuses solutions , nous sommes fragiles et vulnérable.
    Avec mes pensées amicales à vous tous…..

    1. Salut Gabriella,

      Tu as bien raison, la pire des prisons est celle dans laquelle nous allons nous enfermer petit à petit si on n’y prends pas garde. Quand j’ai découvert ce personnage, cela m’a mis un bon coup de pied au fesse pour avancer.
      On a tous tellement plus mais paradoxalement on est moins heureux, c’est un beau gâchis qui est bien dommage. Enfin comme le dit Bruno, il faut parfois aller très loin dans un cul de sac pour se rendre compte que c’est un cul de sac et aller enfin ensuite dans la bonne direction. A+

  2. ce qui est intéressant et drôle,
    c’est que ce monsieur garde un visage dur de « mauvais garçon », mais que ses yeux brillent de gentillesse et de calme, un paradoxe physiquement observable entre sa vie d’avant et celle de maintenant.
    Par simple observation, ce monsieur suscite déjà une forme de mystère, d’intrigue spirituelle.

    témoignage très intéressant, merci encore pour ce blog génial

    1. Bonjour Bertrand,

      C’est vrai que ce n’est pas à première vue de lui qu’on pourrait s’attendre découvrir un yogi qui respire la paix intérieure. C’est une belle leçon pour nous sortir des idées préconçues sur ce qu’il y a à faire où ne pas faire.
      Chacun sa voie, tout est possible.
      Je suis ravi que le blog te plaise. A+

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