Connaissez-vous Taisen Deshimaru ?

Après Jiddu Krishnamurti et Kalou Rinpotché, je continue mon tour d’horizon des grands maîtres spirituels. Au delà de toute tradition, ce qui me fascine avec ces maîtres, c’est la maîtrise avec laquelle tout se déroule. Tout a l’air si simple et si évident. Pourtant on ne peut pas dire que ça soit toujours le cas pour nous où tout est plus compliqué !

Cette semaine, c’est Taisen Deshimaru que j’aimerais vous présenter. C’est un grand maître zen Japonais qui est venu apporter la pratique du zen en Europe comme l’avait fait Maitre Dogen au 13ème siècle en apportant le zen au Japon.

Qui était Maître Deshimaru?

Il est né en 1914 et est décédé en 1982, il a été le principal inspirateur d’une multitude de dojos en Europe. L’un des plus connu est celui de la Gendronnière.

Il fut élevé par son grand-père, un ancien samouraï et par sa mère, fervente disciple d’une école amidiste Japonaise. Par curiosité, il s’éloigne des pratiques Bouddhiste pour étudier le Christianisme sous la direction d’un pasteur protestant. Il reviendra ensuite au Bouddhisme.

C’est après avoir rencontré le grand maître du zen Soto Kodo Sawaki dont il suit les enseignements qu’il se consacrera entièrement à la pratique. Il reçu l’ordination monastique peu de temps avant que son maître tombe gravement malade. Celui-ci lui fait part de son souhait de voir le zen se répandre dans le monde et lui demande de se rendre en Europe pour cela.

C’est en suivant le vœu de son maître que Taisen Deshimaru se rend en France en 1967 par le Transsibérien. Une fois à Paris, il travaille dans un petit magasin. Alors qu’il ne parle qu’un anglais rudimentaire, il pratique zazen dans l’arrière boutique. Ce qui attire à lui progressivement des disciples qu’il initie ainsi au Zen.

Petit à petit, il a fondé plus de 200 dojos en Europe, Afrique du Nord et au Canada. Le temple de la Gendronnière devient le premier et le plus grand temple zen de toute l’Europe.

Connaissez-vous la pratique du zazen ?

Il n’y en faite rien de plus simple, il suffit d’être assis face à un mur et de rester là sans bouger. La posture est très importante dans le zazen. On se retrouve alors seul face à soi-même et c’est très facile de noter tout ce qui s’élève dans notre esprit à chaque instant.

Et vous connaissiez vous Maître Deshimaru ? Vous inspire-t-il ?

10 thoughts on “Connaissez-vous Taisen Deshimaru ?

  1. Merci Jonathan
    pour ces videos aussi…….même si
    j’avoue tout en respectant les autres, que
    j’ai mal à comprendre la réincarnation… Ces Maitres
    nous offrent la sagesse avec beaucoup d’ humour,
    de joie , de simplicité etc…et c’est déjà très bien.
    Heureusement j’ai rencontré Krishnamurti et Bruno
    qui nous montrent la voie de la spiritualité dans
     » l’ ici et maintenant  » .Avec leurs enseignements
    j’ai déjà commencé un immense processus d’accomplissement en élargissant le champ de
    mes connaissances…et ça me suffit actuellement pour
    m’ évoluer .

    Évidemment j’apprécie énormément tous ces enseignements
    et quand je peux je les écoute avec un grand intérêt et même
    avec beaucoup de tendresse ..car ces Maitres m’inspirent
    de la bonté et de l’amour infini.
    Merci Jonathan , continue nous s’inspirer des bons exemples. Excellent week-end à vous tous

    1. Salut Gabriella,

      Ravi de te lire et merci pour ta fidélité au blog. Je dois avouer que je ne suis pas non plus spécialiste des réincarnations. Bruno n’en parle pas, Krishnamurti non plus ?
      Dans le fond, ce n’est peut-être pas si important d’autant plus si cela accapare notre esprit et nous coupe de l’instant présent.
      Génial que tu recoives également l’inspiration de ses grands maîtres. Je te souhaite un super week-end ;) A+

  2. Bonjour,

    T. Deshimaru trône en bonne place dans ma bibliothèque. En compagnie de Maître Dogen.
    J’ai pratiqué le zen Soto deux ans environ.
    Le zen Soto est basé sur la méditation assise essentiellement. Le zen RinzaÎ ajoute les koan et mondo si déstabilisants.

    Le zen est un bouddhisme revisité par les chinois. Les chinois étant eux-mêmes imprégnés de taoïsme. Bodhidarma était indien et on comprend mieux les différences entre les bouddhismes. Même le bouddhisme tibétain est largement influencé par la religion d’origine (bön : prononcé peune) elle-même très imprégnée de taoïsme et de chamanisme.
    Les voies de la sagesse sont impénétrables…

    Bonne journée.

    1. Merci Vincent de toutes ces précisions et de ton partage d’expérience, on voit toutes les influences entre les religions.
      Si chacun trouve ce qui lui convient, c’est l’essentiel.

  3. A propos de réincarnation, (à ne pas confondre avec renaissance, la réincarnation étant une renaissance sous forme humaine et non pas animale) J.K. ne s’en soucie même pas. Le problème est le présent, l’instant à vivre dans la conscience de l’Absolu.
    A.D.Néel, dans ses commentaires sur les enseignements secrets des anciens sages tibétains (pas parce qu’ils sont cachés mais parce qu’ils sont difficiles à comprendre), explique que dans la mesure où l’existence est un flux d’évènements, dans ce flux, nous sommes composés de brides vivantes d’empreintes, de mémoires (vasana) du passé, si bien que des parcelles de Jésus ou Platon ou le Bouddha vivent toujours par notre intermédiaire. Ils ne sont pas morts à proprement parler, seul leur corps l’est. Et si on se souvient que nous-mêmes ne sommes que des enchaînements de causes et effets devenant causes de nouveaux effets, nous comprenons qu’il n’y a pas vraiment de mort puisqu’il n’y a pas vraiment de naissance, seulement un flux qui circule…
    La vision habituelle que l’on a de la réincarnation est donc fausse puisque basée seulement sur la peur de voir disparaître un ego pourtant inexistant !

    Bonne réflexion !
    Il est nécessaire de s’accoutumer à ces idées pour les assimiler avec une vision correcte.

    1. Bonjour Vincent,

      Merci une nouvelle fois pour toutes ses précisions et de partager toutes tes connaissances. Tu apportes comme toujours un très bon éclairage sur le sujet.
      La vie est un flux en constant changement donc ce que nous vivons est le résultat de tous les changements passés.Ce qu’à pu apporter buddha et chacun des êtres a eu un certains nombres de conséquences sur d’autres et ainsi de suite. C’est ainsi qu’on peut dire qu’ils vivent un peu en nous. Voila ce que j’ai saisi, j’espère ne pas être à côté de ton message. A+

      1. Oui, c’est à peu près ça. Il faudrait développer, bien sûr, pour préciser. La théorie de l’Alaya vijnana (réceptacle des consciences) est très intéressante et s’en rapproche.
        L’habitude de voir un ego est puissante. Les personnalités de toutes les époques sont des parcelles du grand flux de la vie. Nous inclus. Ces parcelles réapparaissent au présent en fonction des tournures de la vie. Mais ce ne sont en aucun cas des personnes au sens propre du mot. C’est notre vue erronée des choses qui nous les faits voir de cette façon.
        En fait, chaque instant meurt en donnant naissance à l’instant suivant et, tel un film au cinéma, étant quasiment collés les uns aux suivants, ces instants donnent la sensation d’un flux continu, comme un fleuve qui s’écoule. D’où l’illusion.
        Chaque éclair d’instant comprend l’histoire entière, depuis le big bang, le flux de ces instants est modifié en permanence par le mélanges des causes et conditions (mémoires, consciences – vasana) La vie est donc un brassage de l’existence et tout ce qui est nouveau à nos yeux n’est qu’une forme différente de ce mélange brassé, qui devient cause de nouveaux effets. Les découvertes sont des prises de conscience de ce que le brassage nous fait apparaître.
        Il faut longtemps méditer pour « voir » ce système.
        Jésus ou le Bouddha ne vivent donc pas en nous parce que ce « nous » n’est qu’une illusion d’ego. Mais des parcelles d’instants ré émergent en fonction du moment. La composition de ce que nous appelons : notre vie, est une vue de l’esprit.
        Le nirvana est le passage « par delà » la fantasmagorie du samsara. Il est bon de s’abstenir de l’activité désordonnée de l’esprit qui bâtit sans arrêt des idées, un monde imaginaire dans lequel il s’enferme comme la chrysalide dans son cocon. Le yoga est la suppression des mouvements de l’esprit, par exemple. En dehors de l’esprit qui le crée, ce monde n’existe pas.
        Voilà, je ne sais pas très bien expliquer ces questions et je m’en excuse. De nombreux auteurs le font mieux que moi.
        Ce qui explique que la renaissance n’existe pas puisqu’il n’y a pas à proprement parler de naissance et de mort. (sauf dans notre tête)

        Bonne journée

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